\Pcn^ Praticqiiev la. PERSPECTIIT: jw les SurfaC&rlrre^tdier&s , ÔCc
MOYEN VNIVERSEL
DE PRATIQVER LA
PERSPECTIVE
SVR LES TABLEAVX>
ou Surfaces Irregulieres.
ENSEMBLE
Quelques particularités* concernant
cet oArt, & celuy de la Gramme
en Taille- Douce.
Tar *A. VOS SE. ■•_
A PARIS,
Chez ledit Bosse, en ilfle du Palais,
fur le Quay qui regarde celuy
de la Megifferie.
M DC LUI.
tAVEC PRIVILEGE VF ROY.
en vofire maifon , £5* que parmy tant
$ autres raretés j'y remarquay cegrad
nombre de riches Tableaux des meil-
leurs Teintres 9 tant anciens que mo-
dernes s je jugeay bien que ce choix ne
fournit procéder que d'vn effrit non
feulement très- curieux , mais au^i
tres-connoijfant , Cf je fus fort aife-
ment confirmé en cette opinion , lors
que je vous entendis fi pertinemment
difcourir de la différente beauté de
chacun de ces Ouurages : Mais fur
tout je vous efiimay digne d'vne gran-
de louange > quand vomm'appriflesle
deffein que vous auiez* d'en faire gra-
uer t$ donner au public vne bonne par-
tie des plus excellents , & que mefmes
vous déferiez d'entendre à fonds ce que
l'on nomme ordinairement la Reide ou
<3
Pratique de laPerfieffiue , qui (à ai-
re le vray ) eft l Ame de la Peinture.
Tout cela me fit refoudre dés lors a
<vow dédier ce petit Traitté > que je
vous offre a pr e fient ^ & que je 'vous
fupplie Monsieur , de receuoir
comme vn hommage que je vom rens
en mon particulier 3 Cf comme vne ef-
pece de reconnoijfiance de ce que vous
pement deuoir tous ceux de cette Pro-
fefiion. Au refie , pour 'le contentement
des plus Curieux 3 faurois fait icy
( auec vofire permifiion ) vn dénom-
brement de ces belles pièces $ fi je nauois
confideré qu'il y en a desja quelques
vne s de grauées , & que le refie verra
bien tofi le jour > pourueu que vofire
fan té le permette , D IEV vous la
veuille confier uer y £5* me face la gra-
ce de rencontrer des occafions de 'vous
çomoir tejmoigner combien je Jîtù -,
Monsievr,
yoflre treSthumblç é*
tres-obeïffantfemiteur
A. J2QSS£.
JJ» !J« »|« *P îP •** *** 5P •*• 5P »jï îjî »l« «15 ?x» »J» »J» •** »J» »?• •!» •!» »t5
ifjflOii
•A. vil vu vU «JU <U <U i »ï* vu «t» lu lu Z lu lu »u al* lu £ £ lu lu
AVERTISSEMENT.
L y a quelques années que je mis au jour vn très-
ample Volume,intitulé: Ate»«r*VNiVERSELi.E <fe
Monfieur Defargues pour pratiquer la PerfpeBtue
p tir petit pied comme le Geometral, enfemble les
Places & Proportions des fortes t$> foibles touches,
teintes ou couleurs. Laquelle manière s'eft treuuce fans contre-
dit la plus familière & abrégée, jufte ou precife qu'aucune qui
ait encore paru, Et j'oie bien dire qui pareftra; Mais à caufê
que cet auancé peut fembler trop hardy, je prie ceux qui auront
vn tel fentiment ne me condamner point qu'après auoir leu &
entendu ce que j'en diray cy-apres.
Ladite Manière de Perfpectiue lertareprefenterfurvne furfa-
ceplatte de quelque matière & inclination qu'elle puiflè eftre,
tous les objets viables de la nature, & ceux que l'on fe peut for-
mer dans l'imagination (laquelle furface y eft nômée Tableav
ce qu'aucuns nomment le Verre , la Traniparance , autres la
Section. ) Et non pas Amplement pour reprefenter les traits ou
Contours defdits objets , mais aulli la place des jours ou eiclats
des diuerfes lumières furiceux, de leurs ombres ou ombrages
& meime de la diftufe qui eft lors que les rayons du Soleil ne fe
difeernent pas , & par ainfî qu'il n'aparoift point d'ombre fur
lefdits objets, fînon es lieux creux où cette lumière ne peut
fouiller ny entrer; ce qui s'exprime en n'ayant efgard qu'à l'a-
foiblilTementdeleur Couleur fuiuantleur Endroit & Place.
Or comme dans ce Traittéiln'eft point fait mention de re-
prefenter ces mefmeschofes fur desTABLEAvx ou furfacesde di-
uerfes fituations & différemment courbées en Voûte , en Angle
ou autrement; I'ay «eu, ayant efté injtruit parmondit Sieur
A
ï>tfargues de la manière de ce fane, Que plusieurs perfonnes af-
fectionnées à cette pratique, feroient bien aifesdela voir expli-
quée; & encore plus lors qu'ils auront compris comme elle eft
très- méthodique, faciile., expeditiue & defehargée de plutieurs
embarras & grandes difficultez.
l'ay tafché de faire conceuoir par les Planches zi, & 1 3, de ce
Traité : Comme vne Pcrfpcctiue qu'on nomme communé-
ment Horizontale , ne doit point eftre entendue faite par vne
autre manière qu'vne nommée Verticale, &quec'eftla mefme
pratique ; à condition qu'on la vueille reprefènrer for vn Ta-
bleau ou Surface platte, ce qui eft dit afin que l'on ne croye
point qu'elle doiue eftre comprife parmy celle de ces Tableaux
ou Surfaces Ir régulière s.
Mais faute de bien entendre furquoy eft fondée la pratique de
la Perlpectiue. Ileft arriuéqueplulleursqui s'y plailent fe font
formez fur l'exécution d'icelle, mille chimères capables de ren-
uerfer tout fon ordre & fa precilîon , & qui pis eft les ont pu-
bliées.
Donc pour des-abufer ceux qui ont ou peuuent auoir cesmef-
mes pent ées, & pour s'il fe peut en venir à bout, vous verrez s'il
■vous plaift le chap. X. de ce liure , & ce qui en fera dit & fait en
la Planche iS.
Il y a encores vne particularité laquelle n'a pas efté fi ample-
ment expliquée, dans monditpremier Liure de Perfpe&iue que
j'efpere faire en celuy-cy , touchant le rayonnement de la Veue.
C'eftàfçauoirqu'il ne fuffit pas pour auoir la fenfation vifuelle
des objets ou fujets vifibles de relief,de ne point changer la por-
tion de la malle de l'œil lors que l'on les délire colorer,j'entends
fur vneiurface ou Tableau plat, tant par ladite règle de Per-
fpe&iue qu'à veuè d'oeil : Mais qu'il conuient en les regardant,
vous abftraindre autant que vous pourrez de ne point varier
ou (comme on parle communément) jouer delà prunelle, ou
bien fi vous en joiiez de ne pas appliquer la couleur fur voftre
Tableau de pareille force que voftre oeil la voit ainlî en le va-
riant; Autrement vous ne ferez point faire à ces objets ainfi re-
prefentez fur le Tableau , leur entier effe& & fenfation de ron-
deur tournante & fuyante à l'oeil, ainfi que fait l'objet naturel
de relief , veu ainfi que j'ay dit d'vne feule œillade
Or comme j'ay tefolu, Dieu aydant, d'en parler amplement
en fon lieu , & talcher de m'en expliquer par difeours, & aux
Planches i/, 1 6 & 17, je n' en parleray plus icy.
Déplus, encore qu'audit Traité en la féconde partie j'aye
allez amplement expliqué la règle des places & proportions
des fortes & foibles touches, Teintes ou Couleurs, qui eft le
vray moyen de faire faire à l'Oeil l'vnion de Colory de quel-
ques objets que puiiTeeftre compofcvn Tableau , je ne lairray
pas d'en dire encore quelque chofe alfez briefuement par vne
autte manière de parler méfiée d'exemples ou comparaifons,
\ laquelle j'ay trouuée fatisfjire beaucoup d'honneftes gens, au
| moins me l'ont-ils tefmoi»né,& que j'ay auilî donné facile-
i ment à entendre à plufïeurs de noftre Académie Royale de la
teinture & Sculpture.
Les quatre dernières Planches de ceLiuren'y font que fur-
abondantes, deux defquelles peuuent latisfaire ceux qui ne
voyans pas l'vniuerfalité de la pratique de Perfpecliue expli-
quée en mon premier Traité, m'ont fouuent demandé pour-
quoyje n'y auois point mis le moyen de reprefenter en Per-
fpediue.les voûtesque l'on nomme d'Arefte de Cloiftre ; ou
d'Ogiue; Ne faifan't pas reflexion que d'enfeigner à réduire en
Perlpe<ftiue vne porte en Arcade, fuffir pour tout cela: puis
qu'vne voûte de Cloiftre n'eft que deux portes en Arcade qui
te croilèntl'vne l'autre à droits Angles ou autremenr.
L'autre Planche eft pour Efbau cher vn moyen qu'vn de mes
Confrères en l'art de la graueure en Taille -Douce nommé
M. Nantueil & moy auons en quelque forte treuué , pour
fçauoir auec raifbn .fondée en Géométrie Conduire en di-
uers fens&fur diuers Corps reprefentez en graueure, foit au
burin , à l'eau -forte, Sç en bois, les lignes que nous nommons
Hacheures,lefquelles feruent à donner aufdits Corps leur ex-
preflion de relief , foit plattes, foit rondes, tant pat l'ordre &
Conduitedeleursarengemensfurlefdits Corps , que par celle
qu'elles doiuent faire pareftreperfpe&iuement à l'œil de celuy
qui les regarde.
le vousdiray de plus que j'ay mis après la Planche" 16. de Ce
Traité vn Auertiffement à ceux qui croyent que la Viiîon fefait
toutainii que l'Illumination, comme l'on peut appliquer cette
penféefurce qui eft dit dans mon premier Liure touchant la
raifon du fort & fbible, toucher ou coulorer , & auflï en fuite vn
difcours pour expliquer les figures de la Planche %-j au fujet de
cette Vifion& Illumination fur les diuers Corps ou objets qui
A ij
font pins ou moins oppofés audit Oeil de front ou de biais,foi*
tournans ou fuyans.
Et finalement vn autre qui eftqu'auant de commencer d'ex-
pliquer, par figures ou Planches auec leurs petits difeours à
chacune, les particularitezcydeuant dites: j'elpere le pouuoir
faire par vn aflez ample difeours fans figures , pour d'autant
moins en auoir à dire aux pages qui doiuent contenir l'explica-
tion defdires Planches qui leur fontappofées. Ainficequej'en
diray fans elles feruira comme d'elbauche ou préparation en
attendant la pratique efFectiue fur içelles qui fera la Conclu-
£on4
CHAPITRE I.
DISCOURS D'EXPLICATION
fur les Particularité^ de ce Traité.
pourquoy l'on ne doit pas efperer vne Manière de
pratiquer la P erfyeBiue plus facile & abrégée
pour le commun des Ouuriers 3 que celle de
Afonjîeur Defargues.
'A y dit au commencement dudifcours qui a pré-
cédé que j'auois mis en lumière vn Traité de Per-
fpe&iue , que je croy auec plufîeurs eftre le meilleur
£J qui fefoitfait& fe fera. Etc'eft ce que j'ay promis
£* de prouuer.
Il n'y a pas beaucoup de perfbnnes entendues en cette ma-
tière qui ne fâchent bien que depuis plufîeurs milliers d'années,
il ne paroift point que l'on aye treuué déplus brefue pratique
pour conftruirevn Corps en relief,foit Figures, Bâftimés, pièces
de Meubles, &c. & pour les deifeigner G eometralement fur vne
Surface platte,ainfi que l'on fait d'ordinaire les Plans ou Affietes,
efleuations& profils d'iceux ,enfemblesles Cartes Géographi-
ques, que parle moyen d'vne commune Mefùre nommée,
"Bfchtlle ; laquelle à diuers noms fuiuant les Pays, dont la plus
commune en France eft ( comme chacun fçait ) nommée le
Pied dfuifé en iz Pfuces ,8c le pouce en autres 12 parties nom-
mées Lignes-, Et pour les Cartes Géographiques la Li*vz,Demje
lieue, Quart & demy quart.
Or quand il s'agiu defairequelques-vnsde ces Ouurages par .
le moyen defditesEfchelles,on ne les compte jamais pour eftre
vne des parties dudit Ouurage , mais feulement vn Outil pour
les mefurer & tracer.
De mefme je croy que fuiuant noftre manière de pratiquer la
Perfpeéliue par deux différentes Efchelles, l'vne nommés
A ii;
juyunte qui peut à bon droit eftre nommée Perffeiïiue , & les
autres de Front, qui font chacune des Efchelles geometrales:
L'on me doit concéder auffi que ces Efchelles ne doiuent pas
faire partie de l'ouurage que l'on deiire mettre en Perfpe&iue;
mais femblablement comme celle du Geometral,eftre vn Outil
pour les mefurer ou tracer.
Donc pour fouftenir ce que j'ay auacé,je dis que fî on ne treù-
Ue pas vne pratique plus brefue de conftruire en relief le Geome-
tral, & le tracet fur vne furfaceplarte, que par le moyen de fon
Efchelle ordinaire ; De mefme à moins que de rrouuer vn
moyen plus bref de tracer ou couper f Efchelle fuyante Perfpe-
ftiue, l'on n'en fçauroit abréger la pratique, puis que fors la
manière de couper ladite Efchelle Perfpectiue fuyante, il n'y a
aucune différence de la pratique du Geometral à celle du Perf-
peiïif.
Et afin que perfônne ne prétende auecraifbn de dire, que la
pratique de la Perfpe&iue oblige à faire treuuer plus qu'au
Geometral , la Place des jours , Ombres ou ombrages , fur les
corps qu'elle réduit en Perfpectiue , enfemble les places des
fortes & foibles, touches teintes ou couleurs ; le fouftiens que fi
celuy qui delleigoe le Geometral en entend bien la pratique , il
doitfcauoir que la place des ombres fur iceux s'y doit placer par
le moyen de ion Efchelle , & en quelque forte ces' fortes & foi-
bles touches, teintes ou couleurs.
CHAPITRE II.
Qtfil faut auoir bien entendu, la pratique de la
Perjpecliue contenue dans mon -premier Traité
pour bien exécuter ce qui efi expliqué en celuy -cy.
LE but principal de ce Traité eftant de donner vne pratique
dereprefenter en PourtraitureouPerfpe&iuefur diuersT,*-
bleauxou Surfaces irreguliens courbes ,ainfi que fur les regullc*
res plattes^tous les objets vifibles delà Nature: le me treuue obli-
gé d'auertir d'abord ceux qui ne font pas encore allez auancez
dans la pratique delà Perfpectiue, principalement en celle que
j'ay mife au jour j de ne le point embtoiiillericy dans la pratique
de ces Tableaux irreguliers& courbes , quoy que trcs-facile;
attendu que pour en venir facilement à bout il laut la fçauoir.
Toutefois à caufe qu'il eft fafcheux de manier continuelle-
ment: deux Liures pour receuoir Inftru<ftion des matières dent
ils traittent ayant liaifon &meflange l'vn auec l'autre, je n'ay
pas laillé,ainfi que j'aycy-deuantdit,de réduire icy en gros,finon
enmelmeparoles, du moins en fubftance, plusieurs chofes ex-
pliquées amplement dans mon premier Traité, ne laillànt àre-
chercher en iceluy luiuantl'occafion , que ce qu'il y a de plus
particulier, ce qui eft toutesfois ainfi que j'ay dit neceflaire de
içauoir afin de pollèder cette pratique en tous Tes cas, parties, &
circonftances,ou pour mieux dire ibn vniuerfalité.
I'auois eu deilein de donner cette pratique de Perlpeâiue fur
cesdiuerfes lurfaces ou Tableaux irreguliers & courbes félon
qu'elle eft expliquée pour ceux qui font plats & inclinez , aux
Planches 1098c 110 de mon premier JLiure : Mais après auoir
bien conféré là deiTus auec Mondit Sieur Defargues.nousauons
trouué qu'il euftfallu entendre vn peu plus l'art de la Geome-
trie,du moins fa pratique ,que ne font d'ordinaire la plufpart
des Peintres & tels autres Delfeignatcurs, pour reprefènrcr par
le moyen d'icelles fur les Tableaux plats inclinez Si. faifans an-
gles ou courbures tous ces objets ou fujets cy-deuant citez: C'eft
pourquoynous auonschoifi la manière plus facile & expeditiue
& aufli jufte & plus qu'aucune autre, ailàuoir par la réduction
du Treiilis ou petit Pied efgal & inégal.
CHAPITRE III.
Ce que l'on doit entendre parle mot ^Tableav
qu aucuns ont nommé Verre , Sel~Hon3
Tranfyarence , &c.
POur donnera entendre ce qu'en la pratique delà Perlpedli-
ue je nomme Tableau., & fa fîtuation à l'égard de l'œil,quor
que cela foit amplement expliqué dans mon premier Traité)
Confiderez. premièrement en quel & fur quel lieu d'vnBafti-
ment ou Surface vous defïrez reprefenrer en Pourtraitureouen
Perfpectiue vn ou plufieurs objets vifibles de la nature ou autres
formez de l'imagination. Et pour exemple au fonds, cofté, ou
plat fond d'vne Galerie,Cb<tmbre,Sale, Se tels autres lieux,Com-
me aufli fur diuers angles Se furfaces plates ayansAumt corps Se
arrière corps , & finalement fur différentes fortes de combmts en
Voûtes ou autrement & de diuerfes inclinations , bref fur vn po-
cher fibefoineftoit.
Puis figurez- vous que tous les lieux ou efpaces de chacune def-
dites Surfaces où vous defirez reprefenter ces chofes , font per-
cées ainfi que les Portes, Fenefires, Arcades , œils de bœufs & au-
tres telles ouuertures ; Et que vous y voyez au delà , & quelques-
fois au deçà lesObjjts ou Sujets qu'auez defiré reprefenter deflus
ces furfacesauant que de les vouseftteimaginéesouuertes,de
mefme façon que vous pouuez voir les corps ou objets qui peu-
uent eftre au delà defdites portes, feneftres, &c.
DepluSjteprefentez-vousquele^/Mjlesc^e*, &Ie hautdet-
dites ouuertures fuppofées, vousbornent l'œil à ne pouuoir em-
braffer qu'vne portion des fujets qui peuuent eftre au delà d'i-
celles.
Gela donc vous eftant empraint dans l'imagination , il ne fe-
ra pas difficile de vous faire aduoiier, que s'il y auoit en chacune
de ces furfaces ouuertes vn Verre, vne Thoille,Table , ou tels au-
tres plats. fonds de pareille grandeur que leurs ouuertures , ainfi
qu'eu ordinairement proportionnée vne Thoille de Tableau ou
vne glace de miroir dans leur bordure , & que fur lefdits verres,
thoille eutable ces objets que vous vous eues figurez au delay
fuflent defleignez& coulorez , de forte qu'il vous fiffent pareille
fenfation à l'oeil que lefdits objets naturels vous faifbient -.Vous
auriez fujet de dire que cesTableaux feroient très-bien exécutez,
Ainfi ce que je nommé Tableav deuant ou après auoir lef-
dits objets ou fujets deffeignez fur iceluy , eu l'endroit détermi-
né de la Surface furquoy ondefireles reprefenter de quelque
forme &fituation qu'elle /bit. Par ainfi vous deuez juger qu'il
yainduftrieouartpourtreuuerfurtoutes ces diuerfes furfaces
la place precifè des objets que l'on defire tracer fur icelles , en-
femble faire que l'œil fuiuant les occafions & la volonté, perdre
la fenfation de leurs diuerfes formes pour en auoir d'autres ; De
fbrtequ'vne furfacecourbe,ainfi qu'vnTableaufait fur vne voû-
te, luyfafTela mefme fenfation quefi elle eftoit droite, plate &
verticale , qu'vn Angle faillant paroifle enfoncé ou plat , & au
contraire qu'vn enfoncé ou rentrant paroifle faillant ou autre-
ment fuiuant le defir.
CHAP.
5
CHAPITRE IV.
Comme les apparences des Objets paffent en la
Surface du Table au allant à l'Oeil 3ou fi l'on
'veut que les Rayons dudit Oeil y pajjent allants
aufdits objets.
QVoyquece point ne foit encore déterminé entre diuers
Philolbphes,fi ce font les rayons de l' Oeil qui vont rencon-
trer le Sujet ou Objet, ou bien fi c'eft l'objet qui enuoye les ef-
peces à l'Oeil : Cela ne rne doit pas empefeher d'expliquer icy ce
que je délire, & dire qu'encoresque pour plus grande facilité
ScdiitinéxionjefaiTeennies Figures fortir d'ordinaire les rayons
de l'œil fur l'objet , cela ne fait pas que je ne me range du party
de ceux qui croyent que les efpeces font pluitoft émanées de
l'objet à l'œil que non par l'emillion de ces rayons à l'objet.
Or pour conceuoir en quelque façon ces rayonnements de
l'Oeil à l'objet ou de l'objet a l'Oeil , & de meime l'endroit où
ils rencontrent la (urface du Tableau , confiderez & diftinguez
bien trois chofes, & de plus l'endroit où elles feront feituées.
Premièrement l'Oeil, lècondement le Tableau. & en troifié-
*ne & dernier lieu le Sujet ou Objet derrière ledit Tableau.
Par ainfi vous conceuez bien que je fuppofe la pofition dudit
Tableau eftre entre l'Oeil & l'objet.
De plus imaginez vous qu'ayant attaché à plufieurs parties
de l'objet , tant de fes contours que de la place de fes jours,
ombres ou ombrages; des filets bien déliez, & que les ayez
pris enfemble entre vos doigts les faifant continuellement tenir
en lignes droites ; vous les auez portez en cet aflèmblage à vo-
ftre Oeil, de forte qu'ils ayent tous pallé au trauers de la Thoillc,
Verre autrement la furface du Tableau , fans auoir en aucune
façon perdu leur ordonnance piramidalle qu'ils gardoient en-
tr 'eux , ny chacun leur ligne droite.
Et pour dire la meime chofe d'vne façon peut eftre plus intel-
ligible, reprelentez- vous que du centre de l'Oeil, la prunelle
eftant arreftée fixe, il forte des rayons qui aillenc rencontrer le
Tableau & les endroits de l'objet où vous deuiez attacher ces
filets fans auffi qu'aucuns de ces rayons perdent leurs lignes
droiEes;ll s'enfuiura que par ce moyen ces filets venans de l'ob-
jet à l'Oeil où les rayons d'iceluy allansà l'Objet , vous âurea
marqué audit Tableau de quelque forme & pofition qu'il foit,
les places ou endroits précis dudit fujet ou Objet & de les jours
ombres ou ombragés: qui eft ce que l'on doit treuuer par la
re^le ou pratique de ladite Perfpectiue. Or cela fera expliqué
bien plus vifiblement &auec moins de difcours aux Figures ou
Planches, refte donc de donner à entendre de quelle forte il fauc
afFoiblir ou fortifier la couleur defdits objets fur ces diuerfes fur-
faces ou Tableaux.
Ayant bien imaginé la place ou fcituation de ces rayons ou
filets fur ces diuers Tableaux, il faudra encore conceuoir que fî
la véritable couleur del'objet eftoit coulée du long de ces filets
ou rayons fur vn Tableau plat , & que ce fujet fuf t compofé de
diuers objets plus ou moins proches dudit Tableau, l'Oeil ne
pourroit pas auoir la mefme lenfation de ces Couleurs ainfi for-
tes fur iceluy qu'il auroit de celles de l'objet , d'autant qu'entre
ces différents objets il y en a qui font inégalement efîoignez où
le prefentent à l'Oeil plus ou moins de biais ; où enfin il y a en-
tr'euxdesinteruales ou efpaces inégaux remplies d'air, ce qui
fait que l'Oeil a auffilafeniation de leur Couleurplusou moins
forte oufoible cela n'arriueroit pas audit Tableau , comme il a
efté dit, à caufe que de tous ces objets la Couleur y feroit d'ef-
gale force : C'eftpourquoyilfauten quelque forte treuuer par
la règle lemoyendelesyafToiblirplusou moins félon les fuje-
tionsrequifès.
CHAPITRE V.
Difcours pour entendre auec plus de facilite ce qui
efi expliqué aux Figures touchant le moyen de
treuuer fur ces diuers Tableaux par la règle les
parties d'vn Objet & fa Couleur 3 de forte que
l'Oeil recoiue'de ces objets ainfi dejfeignez^&
peints la mefme vif on ou fenfation qu'il en au-
rait en regardant k faits Objets naturels de relief.
LA furfaceou Tableau fur lequel on reprefente le plus ordi-
nairement en Pouuraicureou Peripecïiuepar la règle ou à
TI
veuc d'Oeil les diuers objets viiibles de la Nature, eft platte &
fuppoiée de front deuant l'Oeil du Regardant^ aufli perpendi-
culaire ou a plomb lur vn planOrizontal que je nomme icy plan
d'afïïette fur lequel ledic regardant doit élire entendu pofc ou
placé.
Le rayon de l'Oeil de ce regardant y efl aufîî nommé la ligne
duplandel'Oeilou Orizontale, lequel plan eft toujours enten-
du patalel à celuy d'aflîettefur lequel lontpofcz a plomb ainfï
que j'ay dit ledit Tableau & le regardant.
L'interualedudit rayon de l'Oeil, lequel eft contenu depuis
ledit Oeil jufques au Tableau, efl nommée la Difianct dudit
Oeil a ce Tableau, & celuy qui eft contenu depuis les pieds du
^regardant (iule plan d'afuecte jufques à ton Oeil, eft nommée
'ellcuation de l'Oeil. OreflàJYo^rquecesdeux interualesde
diftance& d'efleuation d'Oeii peuuenc àroccafioneflrepriles
plus ou moins grandes Se efleuées.
Dauantageon ilippofeainfî qu'il aeflé dit que les objets que
l'ondeïîre reprelènteren Perlpeciiue peuuentcflre placez & fi-
tuez derrière le Tableau tant efleuez au deflus, qu'abaiflez au
delfous du plan d'allîette, mefmement pour les delfeigner à
veué d'Oeil , il eft à propos de s'imaginer les voir à trauers &au
delà d'vn Verre ou furface platte, mince & tranfparente ( Se
pour caufe) ainfi qu'il fera expliqué en fou lieu.
D'ordinaire aufli la partie du plan d'afliette qui eft derrière le
Tableau ou Verre ell imaginée carrelée outreillilïée d'affiettes
ou plans de carreaux égaux & rangez en forme deTreillis ou Ef-
chiquier, de forte que le premier rang touche de frôt le bas dudit
Tableau, & en fuite le fécond, puis le troifiéme , &ainfi du refte
tant qu il y en aura ; par ce moyen il s'enluiura que les lignes
qui leparent ces treillis ou plans de carreaux les vns des aucres
iront de deux fens diuers , les vns paralellement à cette pre-
mière qui touche ou joint le bas du Tableau .lefquelles font
nommées Efchelles de front , les autres qui feront perpendicu-
laires à ces de front ou auttement font nommées fuyantes.
Or fuppofant que ces carreaux ou treillis ayent chacun vn
pied de front &vn de fuyant, il fera aisé de fçauoir, les objets
eflans pofez deflus , combien ils occupent de carrez , & fi lefdits
objets font elleuez au deflus ou enfoncez au deflous defdits
treillij , l'on peut aufli eftrealïeuré de combien ils le font: Mais
cela eflant amplement expliqué en mon premier Traité & vn
B ij
u
]*eu encetuy-cy, jemecontenterayde vous dire qu'aux Plan-
ches z8, 19,31, J3> 43> 44> & fuiuantes dudit Traité, vous verrez
le moyen de reprefenter fur cette fiirface ou Tableau plat ces
Treillis ou Carreaux en Perfpe&iue, enfemble quelques objets.
Et par ce moyen il vous fera facile d'entendre la Manière de
faire fur les Tableaux Irreguliers, & inclinez le s treillis ou car-
reaux perfpe&ifs.
Mais de necefïité & auant toute chofe ainfi que j'ay cydeuant
dit, il faut fçauoir la Manière de faire vn de ces Tableaux plats &
Verticaux perpendiculaires au Plan d'aifiette, puis que celuy
qui doit feruir ordinairement de Modelle pour tous ces irregu-
liers doit eftre entendu Vertical.
Manière de commencer à trauailler fur les Ta-
bleaux Irreguliers: Et premièrement 3 de faire
le petit Tableau JModelle , pour après par le
JMoyen des Treillis Geometraux faits fur ics~
luy , le remettre en grand fur les Treillis Per-
fpeflifs 3 faits fur le lieu où l'on defire de Tra-
uailler.
Ors qu'il Ce prefente occafion de faire quelque Tableata
fur vne Voûte ou Surface irreguliere ; Jl faut première-
ment en déterminer la largeur & la hauteur , puis chercher
l'endroit conuenablepour la regarder , en forte que d'vne feule
Oeillade le regardant puillè facilement en Voir toute l'eften-
due, fans en aucune façon changer la pofitionde l'Qeil.
Et s'il arriuoit qu'il n'euft pas allez de diftance ou d'efloigne-
ment pour ce faire , il faudroit fe refoudre à faire diuers Ta-
bleaux quiauroient chacun leur lieu déterminé pour les voirj
&c'eftcequi arriue fouuent aux grandes Salles ou Galeries en
Voûte ou autrement ; Car d'ordinaire ayant à en faire aux bouts
& extremitez d'icelles , on n'eft point en cette peine à caufe de
leur grande profondeur ou longueur, puis que par ce moyeu
vous ypouuez prendre vne railonnable diftance.
Mais quand il s'agift d'en faire dans vne Voûte ou Plat-fonds,
Qu m collez d'icelle, Et que vous ne pouuez auoir ladite di-
15 . /.
(lance plus longue que depuis voftre Oeil jufques au haut de
ladite Voûte ou Plat fonds , & pour les Tableaux des coftei
que celle de la largeur dudit lieu , & que leldites diftances pa-
ioilfent trop courtes , il faut auoir recours ainli qu'il aefté dit
à faire vn partageaient de Tableaux.
Or a1 autant qu'il cil: comme impoilîble de preuoir toutes
ces l'ujecfions & obligations pour en donner desaduis particu-
liers, je remets le tout àladiîcretiondes Praticiens, après les
auoir aduertis du gênerai ; Seulement , diray-je icy de plus pour
faire que l'Oeil puille receuoirdauantaged'agtéement de ces
choies , qu'il faut li faire le peut prendre ladite diftance de
l'Oeil au Tableau aulïi grande que le double de la plus grande
partie d'iceluy , 5c s'il ne le peut, faire qu'elle ne loit pas moin-
dre que de la mefme grandeur ; Toutefois c'eft comme j'aydit
fuiuant les fujections, & alors que i'impoiÏÏbilité y eft, faut faire
en forte que l'object- loit plus reculé du plan ou coupe dudit
Tableau, Et par conséquent il fera Senlàtion d'vne choie plus
elloignée qui par ce moyen fupleera à cette trop courte di-
ftance.
De plus on peut auoir intention, ainlî que j'ay dit , de faire en
forte que l'efpace d'vne telle Surface platte irreguliere en Voûte
inclinée ou autrement , où l'on délire faire vn Tableau , faife la
Senfation à l'œil d'vne Feneftre ou Porte ouuerte , audelàdef-
quelles on puilfe conceuoir des Obje&s reprefentez fuiuant
vne pofition ou feituation & efleuation d'œil déterminée,
& par ainli luy citer entièrement la fenfation de la forme de
ladite Surface telle qu'elle puille eftre.
Sur dépareilles Surfaces on peut aulîî d'vne mefme pofition
d'Oeil , reprefenterdes Objecisqui fembleroient y eftre appli-
quez, comme les Bas-reliefs ou demies Bo lies , & par confis-
quent les mefmes chofes entaillées en creux furicelles , fans
faite que lefdites furfaces femblent changer de forme ny d'in-
clination , &au contraire l'on peut faire que tels Bas-reliefs ou
en creux, & mefmes des rondes Boiles ou autres telles chofes
appliquées ou enfoncées ainlî fur vn Tableau Plat-fonds , fur
yn Incliné , enfemble fur vne Voûte , &cc. Feront la fenfation
à l'oeil Comme s'ils eftoient elleuez, attachez , pofez , & creulèz
fur des Surfaces plates, Verticales ou autrement aplomb fur
l'Orifon.
Par ainli il eft aifé de juges , que s'agùTant de DelTeigner £g
B uj
'4
fur tout de colorer, ombrer ou ombrager, afFoiblir ou forti-
fier les Objects qui font au delà de ces Tableaux ou Surfaces
fuppofées percées ainfî que j'ay dit- Il ne faut point auoir efgard
*u jour qui vient des feneftres , ou autres telles ouuertures fai-
tes pour donner de la clarté dans le lieu où vous defïrez faire
de tels Tableaux, puis qu'ils doment auoir leur jour particulier
de Campagne ou autrement, enfemble leurmeflange conue-
nable des airs oui les enuironnent , ainfî qu'ont ordinairement
les Objects naturels que l'on voitaudelades Feneftres, Portes
ou autres telles ouuertures.
Mais lors qu'il s'agift de reprefenter de tels Bas-reliefs & en
creux, des Rondes Solfes , & autres telles chofes: Il faut fe fer-
uir auec Iugement & Art des jours qui viennent par lefdites
Ouuertutes & Feneftres, félon qu'elles font plus ou moins pro-
ches defdits Bas-reliefs & Surfaces.
Et d'autant que la manière de fe prendre pour trouuer les
jours ou efclats de ces lumières, &ccs ombres ou ombrages,
Enfemble leurs arfoiblilfemens fur ces diuers Objects femble
vnpeu Compofée; Celuy qui treuuera le moyen de les repre-
fenter fur le Tableau Modelleen verra vne grande partie auec ce
qui en fera dit en fon lieu.
Pour réduire ou tranfporter en petit fur vn Ta-
bleau plat la hauteur & Largeur de la gran-
de Surface ou Tableau 3 tel qui puiffe efire ré-
gulier ou non , pour puis après fur ce petit Ta-
bleau plat deffeigner par Règle ou à veu'è
d'Oeil tels Objech que l'on defïrera pour fer-
uir de Mode lie ou Patron pour lefdits grandi
Tableaux.
r À Y A n t donc déterminé ainfî qu'il a eftédit , La Largeur
Jt\. & Hauteur, bref la forme de la grande Surface ou Tabieau
fur lequel vous defïrez trauaiiler , Et fuppofé que ce fuft vne
Voûte, vous prendrez le bas comme à l'ordinaire pour eflre
la baze d'iceluy, fçauoir l'endroit où finit la Corniche; Enta-
blement , ou Pied-droit , ou commence d'ordinaire la cour-
1/
bure de la Voûte , qu'aucuns nomment l'endroift delà Corde*,
ou tirant de l'Arc ou l'Impolie, laquelle fera de front deuant
vous fuiuant l'occafion, & aura par exemple huicl: pieds de
largeur & feize de hauteur, qui eft depuis ladite de front ou
baze dudit Tableau , jufqucs au haut d'iceluy , & ainfi le me/me
desaurres Surfaces en l'iat tonds & inclinées.
Il faut après cela par le moyen d'vn plus Petit-pied ou Efchelle,
tracer cette grandeur fur voftre petit Tableau plat Modelle
bien proportionnellement à icelle, en après compter combien
vous trouuez de pieds fur i'Interualede voftre diftance, qui efl
comme j'ay dit depuis l'Oeil du regardant jufqucs à voftre
Pied-droicl ou mur fur lequel eft po ée voftre Voûte ou Ta-
bleau , en forte que ledit rayon ou diftance luy fbit perpendi-
culaire.
Remarquez donc que je fuppofe qu'il part dudit Oeil vn ra-
yon paralel au plan d'AlIietre, ou plain- pied delà Sale ou Ga-
lerie qui va eftablir ou marquer vn point de Veue fur ledit Picd-
droidt , lequel fera celuy qui vous doit feruir pour faire voftre
petit Tableau Modelle : Et fî au lieu que voftre grand Tableau
eft en Voûte, il eftoitplat &à Plomb dudit Mur ou Pied-dr©i£t:
11 faudroit que ce point de Veue fuft le lien comme vous pou-
nez voir en la Planche 4 de ce Liure.
Ayant donc pris cette diftance OF vous n'aurez qu'à Couper
ou Tracer par le nombre des pieds qu'elle aura , voftre Efchelle
fuyante fur le Tableau Modelle, & le tout fuiuant & conformé-
ment à ce qui eft expliqué en mon premier Liure & enecttuy-
cy; Et pour ce quieftdepouuoirtrouuer le point de Veuè' ainfi
hors du Tableau, vous n'aurez qu'à voir de combien il eft efloi-
gné de la baze de voftre Tableau en Voûte , puis entendre par
ce qui eft dit aux Planches 53, ^4, j $■ , fi , de mondit premier Li-
ure comme il faut trouuerce point de Veue ainfi hors du Ta-
bleau , à moins que vouloir faire voftre petit Tableau Modelle
fur vn lieu allez grand pour y contenir au delîous ou autrement
l'efpace conuenable pour y tracer hors d'iceluy ledit point de
Veue & fes Efchclles , comme vous voyez en la Planche a de ce
Traicté : Etpar ainfi vous n'aurez ayant coupé voftre Efchelle
fuyante fur voftre Thoille ou Plat-fonds pour faire voftre petit
Tableau Modelle, qu'à reprefenter deflus perfpedtiuement à
l'ordinaire les Objecls qu'auez déterminé y faire : Ce Tableau
Modelle efta/it ainfi fait & bien fec , Il conuiendra y tracer deU
iê
flisvn Treillis ou Petit- pied de carrez egaox , colnme cela le
peut voir encore en lamefme Planche 6.
Par ce moyen vous n'aurez qua fçauoir faire vn autre grand
Treiliis Peripeclif, d'vn pareil nombrt de carreaux fur la Sur-
face de voftre Voûte, pour yreûuircfuriceux, en contant car-
reau pour carreau, ou treillis par treillis, & place pour place,
fuiuant ceux de voftre petit Tableau Modelle , les traicts ou
contours qui forment vos Figures dciieignées fur iceluy pro-
portionnellement , & après cela fait il n'y réitéra plus à treuuer
que la manière d'arîoiblir & fortifier fur voftre grand Tableau
ou Surface Voûtée, ou autrement leurs teinctes, touches ou
couleurs, fuiuant le lieu & 1 occafîon. C'eftpourquoy jetrou-
uebien à propos de Colorer ledit petit Modelle, fuiuant les pré-
ceptes contenus en la féconde Partie , qui eft vers la fin de mon
premier Liure , trairtant de la place & proportion des foites &
foibles, touches, teinttes ou couleurs, ou plultoftparles Rè-
gles que nous dirons en cettuy-cy; Cat par ce moyen voftre
grand Treillis eftant fait , les Efchellesde front & fuyantes vous
donneront la connoiiTance de la proportion d'Afoiblir les Cou-
leurs contenues fur les Sujects & Objecls de voftre petit Ta-
bleau Modelle auffi bien que desTraicls & Contours d'iceux,
& de plus par ce qui en fera dit en fon lieu en ce Traitté.
CHAPITRE VI.
Pour d'autant mieux donner encore le moyen de
faire ledit petit Tableau Modelle 3 & de s'en
feruir pour représenter en Grand fur vn queU
conque Tableau > les Objeïïs deffeignez^ fur
iceluy.
CRaignant que de plufieurs qui délireront entendre
cette pratique , il y en ait qui ayent peine aconceuoir net-
tement le moyen de faire ledit Tableau Modelle, je tafeheray
de m'en expliquer encore icy d'vne autre forte.
lime femble qu'il ne feroit pas difficile de tracer les Efchelles
de front & fuyantes perfpectiues furvn grand Tableau ou Sur-
face Platte , ayant 16 pieds de haut & ?• de large, &expoféede
front deuant foy , ensemble Perpendiculaire ou à Plomb fur le
Niucau
Niûcau ou Plan d'afliette, & en auoir déterminé ladiftanced*
16 Pieds, & l'efleuation de l'Oeil de 4 & demy au dellus dil
plan d'affiette.
Or il d" vne telle Surface & d'vne pareille pofuiofi vous en vou-
lez faire deux Tableaux, mis l'vn lus l'autre, & chacun par exem-
ple d'vne mefme grandeur, vous fçauez qu'en partageant ladite
furface en deux parties égales, chaque Tableau aura huict pieds
de haut & autant de large , & remarquez auffi qu'ayant pris
comme cy-deuant la mefme diftance de \6 Pieds, & placé le
point de Veuë à 4 pieds & demy de la baze duTableau d'embas,
ledit point deVeuèfetreuuera par confèquent dans iceluy &non
au Tableau d'enhaut, ainfî iivousauiez tracé en celuy d'embas
les Efchelles de front & fuyantes Perfpediues, enfembleparleuE
moyen fait le treillis ou carrelage Perfpeâif , la différence de
faire la mefme choie en celuy d'enhaut , n'eft autre finon qu'il
faut mener par lesdiuihonsdu bas dudit Tableau d'enhaut des
lignes fuyantes au mefme point de Veuëde celuy d'embas, puis
que ledit point de Veuë eft commun à ces deux Tableaux des-
quels lefdits treillis feront paralels entr'eux& au Plan d'affiec-
te, Et que celuy qui les regardera de l'endroit déterminé pour
leur diftance & efleuation d'Oeil; verra le treillis ou carrelage
de celuy d'embas patdefTus, & de celuy d'enhaut par deffous,
puis que ledit Oeil eft'place au delfous d'iceluy. La mefme chofe
doitarriuer des objects qui feront deffeignez fur chacun defdits
treillis,tantleuisafhettes ou plans que leurs efleuations: Or par
ce moyen ayant fait & parfait lefdits deux Tableaux par des ob-
jets femblables ,il arrnieraque vous les embraflerez tous deux
d'vne feule œillade par vne mefme diflâce &efleuation d'Oeil,
Par ainfi n'ayant fait fur ladite furface de 16 pieds de haut Se
de huict de large que le Tableau d'enhaut qui en a par confè-
quent huicl: de large & autant de haut ; Il s'enfuiura que ce fe-
roit vn Tableau plat vertical efleué fur vne furface auffi verti-
cale de mefme largeur & hauteur que ledit Tableau , & dont la.
diftance feroit de 16 pieds , & l'efleuation de l'Oeil fur le Plan
d'affiettede 4pieds& demy: Et par confèquent lepointdeVeuc
fe tieuuera fur ladite furface verticale ou pied -droi&efloigné au
deffous de la baze dudit Tableau d'enhaut de trois pieds 6c
demy.
Apres cela je dois ce me femble croire, que fi vous auiez à
faire diuers corps ou Obje&s fur de tels Tableaux efleuez ain§
C
It
plus ou moins, vous deuez dire qu'il ne feroit pasdebefbin d'en
faire vn petit Tableau Modelle : Ains au contraire , je penfe que
vous délireriez les defleigner tout d'vn coup fur le lieu : Et fur
cela il vous plaira de voir la Planche 4 de ce Liure, & fondif-
cours où j'ay tafché d'exprimer la mefme chofe.
Mais fi vous auiez defir d'en faire fur diuerfes formes de fur.
faces , ainfi eileuées comme en Plat -fonds inclinées , en Voûte,
régulières ou non , puis fur vne furface biaize, en Angle faillant
ou rentrant , ou dedans ou deflus vne Tour cilindrique ou autre-
ment , bref comme j'ay dit fur vn Rocher fi befoin eftoit ; vous
jugez bien que le Compas , la Reigle, ny le filet ou cordeau,
ne feroient pas toufiours propres pour ce faire ainfi qu'aux Ta-
bleaux plats & verticaux.
Par ainfi il me femble raifbnnable d'en dire quelque chofe icy,
& de commencer par le neceflaire , qui efl de prendre la mefure
exacte defdites grandes furfaces telles qu'elles feront pour les
réduire en petit ,pour faire le Tableau Modelle.
Quand la Surface ou Tableau eft courbe d'vnfëns , en forte
que l'on n'y peut mener des Lignes droites, ainfi que l'exemple
delà Planche 19 & de quelques- vnes qui la fuiuent; Vous n'a-
uezqu'à compter comme cy-deuant combien labazeou fon-
damentale de front devoftre Tableau contient de pieds, puis
en faire la mefme chofe de fa hauteur , laquelle je fuppofe eftre
contenue' depuis ladite Baze jufques au lieu déterminé pour le
haut dudit Tableau , foit que fa largeur loit égale ou non à
celle d'embas.
Il y a des Surfaces où il ne fe trouue point ainfi de baze ny
autres telles chofes qui les terminent , comme l'on voit aux Ga-
leries , Sales, Chambres , &c. d'ordinaire les Menufiers & Ou-
uriers font ces diuifions, & par ainfi donnent facilement le
moyen d'auoir ces grandeurs de Tableaux.
Encore bien que les Planches & la capacité de ceux qui ver-
ront ce Traitté deuffent fuflfire pour leur donner à entendre le-
moyen de prendre la mefure de telles Surfaces non terminées,
je ne lailTeraypasdedireicy qu'il lafaudroit déterminer par des
ficelles tendues de front en bas & en haut,& aux deux collez,
de forte que de l'Oeil &diftance du regardant elles comprillent
entr'elles toute l'eftendue fur laquelle on defireroit faire le Ta-
bleau , & par ainfi il conuiendroit compter le nombre des Pieds
que conciendtoit chacun de ces filets ou ficelles , ainfi qu'il a
v> m
cftc cy-deuant dit , qu'il faloit faire fur les Tableaux terminez.
A fane donc par ce moyen toutes ces grandeurs que nous fup-
potons meturées par noftre mefure de Pied , pouce , & ligne ,
il n'yauroit plus qu'à les réduire en petit proportionnellement
fur les furfaces plattes, deftinées pour faire le Tableau Modelle;
puis y fairedelfus les Efchelles de front & fuyantes , & en fuitte
lesdiuers Objetts comme il a erté expliqué cy-deuant.
Mais afin d'inculquer bien ce moyen, venons à vn
ou deux Exemples.
AYant donc defir de reprefenter vn ou plufieursObjets vifi-
bles de la Nature fur vn Tableau ou Surface en plat-fonds,
inclinée ou non paralellement àl'Orizon ou au plan d'affiette,
ainfi qu'es Planches 9 & 10, de forte que ladite furface & fes
Objedts fnTent à l'Oeil du regardant la Senfation d'vn Tableau
efleué aplomb fur TOrizon ou plan d'affiette , ainfi que le Ta-
bleau d'enhautde ladite Planche 9, d'vnefeneftre ou porte en
arcade PPP.
Il n'y a comme j'aydit qu'à réduire en petit proportionnel-
lement la grandeur de ce plat-fonds, puis compter le nombre
des pieds que contient la diftance qu'il y a de l'Oeil du regar-
dant jufques au Pied- droicT: fur lequel pofe la baze dudit Plat-
fonds , & auflï de combien le point de Veuëqui eft marqué fut
ledit Pied- dro ici eft eiloigné de ladite fondamentale de fronc
ou baze.
Lors ayant diuifé la baze du Tableau Modelle en vn pareil
nombre de parties égales nommées pieds qu'en peut auoirvo-
ftre baze du Tableau plat-fonds , & afligné le point de Veuè'en
ce petit par proportion du grand dedans ou dehors , ainfi que
cela fe peut voir fur les pieds droi&s des Planches 11, 13,14, &
autres -, Et par ce moyen coupé les Efchelles de front & fuyantes
fuiuant & conformément à cette diftance cy- deuant dite & ex-
pliquée aux Planches 6, 8, 9, io;vous n'aurez plus qu'à mettre
ou tracer fuiuant ces efchelles Perlpe&iues fur ledit petit Ta-
bleau Modelle les corps ou objets qu'auez defiré.
Et finalement ainfi que j'aydit vous ferez fur iceluy vn rreil-
^is Geometral égal aux diuifions tracées fur fa Baze , & d'vn
mefme nombre pour en après le mettre Perfpe&ifen grand fur
ledit Tableau plat- fonds paralel àl'orizonou incliné , lefquel-
les fe feront de lameftne manière que les Efchelles de front &
C i)
1®
fuyantes dudit petit Tableau Modelle, ainfi que vous verrez aux
rroifiémes Planches de ce Liure.
le ne daignerois vous expliquer icy en particulier le moyen
de faire le Tableau incliné , puis que je l'ay compris en gêne-
rai , ce qui vous fera facile de voir es Planches 10 3c 13
Mais pour vn fur vne voûte courbe d'vn fens comme es plan-
ches 14 & if, & pour vn lur vne voûte de Cloiftre ou d'Ogme
ou cul de Four j'ay creu en deuoir dire quelque chofe.
Vous remarquerez donc que les veuès ou afpects de telles
furfaces doiuent touiiours eftieauec leurs pieds-droidts, ainiî
que ceuxdecy-deuant veues & embrailées d' vne feule Oeillade,
pour en faire à chacun fur fon petit Tableau Modelle les Ef-
chelles de front & fuyanres Perlpecliues , & touiiours par le
moyen de la diftancede l'Oeil du regardant perpendiculaire-
ment fur le pieddroict defdites voûtes , Au poindf de veue F,
que ce rayon de la diftance OF, y marque delius : Ce que vous
pourrez encore voir aux Planches n, iz, 13, 14, ié, 17,6c 18,
CHAPITRE VII.
Moyen de couper les Efchelles fuyantes de cesdi-
uerfes Surfaces ou Tableaux } & faire les
treillis ou carreaux JPerfpeflifs.
CE qui fe peut treuuer de différent pour tracer ou deueigner
les treillis ou carreaux Perfpe&ifs fur lefdites voûtes à com-
paraifon des Tableaux en plat- fonds & inclinez, eft que fur ces
derniers , le compas , la règle , le cordeau ou filet peuuent fer-
uir fans aurre choie a exécuter cela entièrement; Mais pour faire
la metme chofe fur les voûtes & autres Surfaces irregulieres
ainfi qu'il a elté dit il les faudra tracer principalement ceux de
Cloiftre, d'Ogiue ou cul de Four, auec des filets ou ficelles
par le moyen de la chandelle , ou bien par poindts donnez ou
treuuez aueç de tels filets , ou en borneyant ou mirant de
l'oeil ainfi que cela fe peut voir depuis la planche 14 jufques à
fa ir.
Et ce qu'il faut bien notter ou remarquer , eft que pour
auoir le point de Veue de toutes ces diuerfes furfaces, pour fur
iceiles tracer les treillis Per(pec~tifs des petits - pieds ou treillis
geometraux du Taj>ieau modelle ainfi que montrent la Plan-»
lï
che it , jufqueà la 17, Il faut du mefme point d'Oeil O du re-
gardant A O ( lequel a déterminé la diftance & le point de
veue F, pour ledit Tableau modelle allant perpendiculaire-
ment au pied-droict défaits Tableaux inclinez & en voûte) Elle-
uer dudit poinft O vne ligne ou ficelle à plomb tant qu'elle
aille toucher le haut du Tableau plat-fonds incliné ou voûte,
& incline horsd'iceluy en quelque parc que ce foit. Et lors ce
poinift lera celuy de veue' aufdits Tableaux , auquel doiuent al-
ler aboutir ou le rencontrer toutes les fuyantes.
Or il pourra arnuerqu? fur les Tableaux en plat- fonds incli-
nez & autres , ledit point de veue ne fe treuuera pas , ce qui
n'importe pas beaucoup ; mais cela aduenant il faudra fe feruir
de filets pour faire 011 tracer lefdits treillis Perfpedtifs ou bien
de chandelle ou autres telles chofes , ainfi que fur les furfaces
courbes comme vous verrez aux Planches 16, 17, 18 & zi.
Et à cauleque ce point de Veue pris outreuué ainfi au delfus
du regardant fur ces diuers Tableaux pourroit iurprendre ou
eftoniur ceux qui ne font pas allez entendus àconceuoirl'vm-
uerlalité de la pratique de la Perfpeftiue , & d'autant plus leur
difant que l'interuale dudit Oeil du regardant à ce point de
veue ainfi déterminé au haut defdits Tableaux en plat-fonds in-
clinez & en voûte , &c. doit eftre la diftance par le moyen de
laquelle il faut couper ou tracer l'Efchelle fuyante fur lefdites
furfaces : Ils doiuent prendre garde que quand on faitvn treil-
lis Perfpedhf de carreaux, principalement fur vn Tableau plat
& vertical qui eft l'ordinaire pofé à plomb fur le plan d'ailiet-
ie , fur lequel eft la Station du Regardant debout alfis ou eflc-
ué. On aluppofé que la partie ou furface dudit Plan d'alfiette
qui eft derrière ledit Tableau eft aulfi treilliflee ou carrelée de
carreaux geometraux , & que la ligne du plan de l'Oeil ou ra-
yon du regardant eft toufiours conceue ou entendue paralelle
audit plan d'alfiette.
La mefine choie arriue pour cette ligne tirée ainfi aplomb
ou verticalement de l'Oeil du regardant au haut de ces Ta-
bleaux plat-fonds ou en voutes,car fi vous conceuez ainfi qu'aux
Planches ri, u, 15, 14 &c. vn plan d'alfiette ainfi rreillifé ou
carrelé de carreaux derrière le plan du Tableau & elleué à plo mb
fuiuant le pied- droi& vous reconnoiftrez qu'il fe treuuera eftre
paralel à ladite ligne ou profil du plan d"afliette,&que la dif-
férence n'eft qu'en la diueife pofition ou feituation defdites
C iij
furfàces ou Tableaux : Et pour d'autant mieux vérifier mon
dire & mefme à l'œil , il n'y aura fur ce fujet qu'à voir les Plan-
ches 3 & ii.
Mais pour/muons s'il vous plaift la praticque de faire le
grand treillis perspectif fur ces diuers Tableaux, les Planches n,
17,1g & autres^vous feront voir qu'il y a icy deux moyens tres-
facilles de ce faire.
L'vn, en ayant vn grand lieu bien plat foit d'vn murefleué,
ou le plancher fur lequel peuuent élire exhautfees & placées
lefdites voûtes ou autres lurfaces ou Tableaux, & tel en gran-
deur plane , que l'on puiire tracer dellus ainfi qu'en la Plan-
che 11 le profil du Tableau , & celuyde fon pland'aifiettefup-
pofé eftre derrière luy & a plomb fur le pied-droict , & en fuitte
la pofition de l'Oeil du regardant de mefme grandeur que
voftre naturel effectif.
Cela eltantfit voulant couper l'Efchelle fuyante Perfpectiue,
vous n'aurez qu'a tiret des droites de chaque diuifïon faites au
profil dudit plan d'alliette au point de l'œil du regardant, ainfi
que laditeplanche 11 vous montre ; Et parce moyen elles au-
ront coupé le profil de voftre Tableau tel qu'il foit , en parties
Perfpe&iues , qui eft l'Efchelle fuyante.
Cela ainfi fait vous n'aurez plus qu'à tranfporter conuenable-
ment fur voftre Tableau ou furface , lefdites parties Perfpecli-
ues , à condition que le point de veuë le foit trouué dans lefdits
Tableaux ou bien fur les mefmes plans ou furfàces d'iceux ainfi
qu'aux Planches 11, 15 , puis en fuite mener des defrontpar les
diuifions Perfpectiues de cette fuyante , & finalement des fuyan-
tes au point de veuëà la règle , filet ou cordeau.
Parce moyen vous aurez fait vn treillis ou carrelage Perfpe-
c*rif preft à deffi»ner délais fuiuant les petits treillis Geometraux
de voftre Tableau modelle, les Objets contenus fut iceluy.
Déplus, fi voftre Tableau eft vne voûte cilindrique, n'y ayant
delïus icelle aucune ligne qui vous puifle donnerl'vndes coftez
ou montans du Tableau , pourparcemoyenyraporterles par-
ties Perfpectiues comme vous les voyez contenues fur les profils
des deux en voûtes de ladite Planche n. Il n'y aura qu'à atta-
cher à ladite voûte en haut vn filet ou ficelle qui ait en lbn bout
d'embas vn plomb attache ; Puis ayant mis la lumière d'vne
chandelle derrière ladite ficelle & vn peu eiloignée, elle fera fur
ladite furface en voûte ou autrement, vne ombre lors fur cette
ombre vous tracerez vne ligne qui vous feruira, en commen-
çant du bas de voftre dit Tableau ou fondamentale de front , a
ytranfporter comme fur ces Tableaux plat-fonds ou inclinez,
les parties ou pieds fuyants pcrfpedtifs tracées fur le profil def-
dits Tableaux courbes en montant toufiours fur ladite ligne
vers le point de veue du haut de la voûte, & paramiî vous n'au-
rez plus qu'à mener par ces diuifîonsles lignes de front puis les
Fuyantes au point de veuë , ainfi qu'il eft expliqué aux Planches
If, 17,1g, zty&c.
Mais d'autant que l'on ne trouue pas toufiours de grandes
furfaces ou lieux plats fi vnis pour couper de la forte ces Ef-
chelles fuyanres par le moyen de ces profils., & que par noftre
manière cela fe peut faire en beaucoup moins d'efpace, &
melme quand ledit lieu plat ne feroit pas affez grand pour y
contenirla hauteur ou l'interuale qu'il y aura de la baze du Ta-
bleau au point de veuë, vous ferez la melme chofe en la re-
duifant proportionnellement en petit par moitié , par tiers, pat
quart ou autrement, & ie vay donner la manière de ce faire.
CHAPITRE VIII.
Pour couper les Efcheiles fuyantes four tous ces
Tableaux irreguliers par la manière expliquée
amplement en mon premier Traité 3 &brefue-
mentencetuy-cy.
VOus pourrez voir parles Planches 8, 9, & 10 de ce Liure,
que la manière de couper ou tracer l'Efchelle Perfpecliue
fuyante , & en fuite en faire les treillis Perpectifs pour vn
Tableau plat-fonds & incliné, n'eft que la mefme d'en faire
vn vertical à l'ordinaire , lors que le point de veuë fe trouue
au Tableau ou dans le melme plan d'iceluy.
Mais quand il arriue que ledit point de veue ne s'y trouue
pas j & que la furface du Tableau eft courbe & irreguliere , Il
faut tranfporter fur quelque lieu plat& vny ainfi que i'ay dit,
l'interuale contenue entre la baze duTableau& la ligne duPlan
de l'Oeil: Lors en faifant fur cette Surface platte comme fur ces
Tableaux en plat-fonds & inclinez , vous couperez l' Efchelle
fuyante, en prenant pour ce faire la diftance contenue depuis
. 14
le point de veuc / en haut iufques en bas à l'Oeil O du re-
gardant, & de cela vous en pourrez derechef voir la manière
aux Planches 16 , 17 & 18.
Suit le moyen de tracer fur ces diuers Tableaux
irreguliers & courbes les fuyantes & les de front
Perjpecliues.
IE vous ay cy-deuant ébauché vn moyen de mener vnefuyan-
te fur la Surface courbed'vne voûte comme en la Planche 19.
De mefme iedis qu'ayant fur ma grande fuiface platte tracé
ou coupé comme aux Planches 11 & 17 la fuyante Perfpedtiue
il n'y aura qu'à bien attacher ferme & bien bandée vne ficelle
ou telle autre choie qui ne foit luiette à le deftendre du moins*
d'vn peu de temps, à deux points ou endroits , l'vn à celuy de
veuë d'enbaut, & l'autre à vne des diuifions de la baze ou
bas du Tableau ; Puis tranfporter defTus les diuifjons fuyantes
cy-deuant faites fur ce lieu plat ,& les y marquer auec de l'an-
cre ou autre telle chofe fenfible à la veue ; Et fi l'on defire fe
feruir de la chandelle, d'vne lampe ou autre telle lumière pour
tracer cette fuyante & ces diuifions fur la voûte , il ne faudra
qu'appliquer precifement auldits endroits ainfi marquez d'an-
cre ou autrement , des boulettes de cire mole , ou bien deuant
que tendre ladite ficelle , y enfiller vn pareil nombre de
grains ou pâtes- noftres que voftredite Efchelle fuyante à de
diuifions ; Et lors qu'elle fera tendue & que l'on y aura fait ou
tranfporté deilus lefdites diuifions , on pourra arrefter fur
chacune , vne defdites patenoifres.
Cela fait <îe l'vne ou de l'autre façon, vous prefenterez la
lumière droit au lieu & place de l'œil du regardant, lots ladite
ficelle ou filet , &ces boulettes ou grains marqueront par leurs
ombres lur ladire fiirface ou Tableau courbe ou autrement,
leur véritable place Perfpediue : Ainfi vous deuez les remar-
quer fur ledit Tableau autant precifement que vous pourrez.
Les Planches 14, if, 18 & 20, vous feront voiràl'Oeil la ma-
nière de ce faire bien plus promptement & diftinftement que
ce qui en eft dit icy.
La mefme chofe fe peut faire auffi fans lumière par deux di-
uers moyens, en oftant les grains ou boulettes.
L'vn , en attachant fermement & precifement au lieu ou
; eftoit
eftolt l'œil du regardant ou la chandelle ou lampe par la ma-
nière cy-deuant, vne ficelle ou filet, lequel eltant continué
droit iulques à ce qu'il aille toucher la furface ou Toute , & en
mefmetempsl'vn deces endroits ou eftoient ces boulettes de
cire ou patenoftres fans que l'vn ny i'autre de ces filets ou fi-
celles perdent leurs lignes droites , & où ladite ficelle touchera
laditevoûtefe ferale point Perfpectif de cette fuyante.
Etfaifànt la mefme chofe à toutes lefdites marques , d'an-
cre en touchant ainfi ladite furface voûte, vous y aurez mar-
qué cesdiuifions fuyantes & fa ligne fur ieelle.
Vous deuez ce me femble, confiderer que j'ay eu quelque
raifon d'ofter lefdits grains ou houlettes afin que la ficelle ou
filet ioignift de plus prés ladite ficelle ou filet tendu , car par
ce moyen l'opperation en doit eftre plus iufte ouprecife.
L'autre moyen pour exécuter la mefme choie eft que la fi-
celle ainfi tendue & cesdiuifions fuyantes marquées de/Tus &
mefme fi l'on veut auffi les grains ou boulettes de cire arrê-
tées en leur lieu , il conuiendroit eftre deux ,ïvn ayant vn œil
placé au mefme endroit de celuy du regardant , fçauoir en
mirant ouborneyant,afinde voir fi celuy qui luy marque d' vne
baguette ou autre telle chofe en taftonnant fur la voûte, luy
montre l'endroit fur lequel le doit rencontrer chacune de ces
diuifions vis à vis de fon Oeil.
Ainfi vous deuez bien juger que fur vne voûte comme celle
reprefentée en la Planche 14 & femblable , Iln'eft point de-
befoin de mener dauantage de fuyantes ainfi diuifées, pour
tracer les lignes defront paralelles à la Baze du Tableau , que
le nombre qu'il y a de ces diuifions. Mais ce qu'il fera befoin
de faire encore effc d'en mener vne fuyante fans diuifions, pour
après jauger & tracer par le moyen de ces deux toutes les au-
tres , ainfi que cela eft expliqué amplement en la Planche ij.
Or nottezquece qui fera dit & defCgné aux Planches 10, ir,
n, & en leurs difcours d'explication, fuffira comme ie croy,
à vous faire entendre la manière de tracer les defront fur vne
furface concaue , conuexe5 Bref ainfi que i'ay dit fur vn ro-
cher fi befoin eftoit.
Par ainfi il ne refteplus qu'à parler de l'application de cette
règle fur les furfaces irregulieres efleuées à plomb fur le
niueau, ainfi que les murs ou furfaces qui font angle faillanc
ou rentrant , & telles autres qui ont auant corps ou atriere
D
corps , autrement diuerfès faillies; Enfemble les courbées;
ainti que le renflé des tours &leur concaueou creux: Car fur
celles en talus , je ne trouue point raifonnable d'y peindre
rien pour plufieurs raifons , &entr'autres celle-cy, quela pou-
dre s'attache trop fréquemment deflus & de telle forte, qu'en
vn moment elle couuriroit & mangeioit la couleur & le trait
de ce qui y feroit fait.
Neantmoins la neceffité le requérant ,ilfaudroit eftrebien
peu intelligent pour ne voir pas le moyen de faire la mefine
chofe fur de telles Surfaces , après auoir entendu celuy de ce
faire fur toutes celles expliquées en ce Traité & en mon pre-
mier, aux Planches 41, 109 & 110.
Or pour cette forte de Surfaces ou Tableaux ainfi efleuez à
plomb ou verticales , vousvoyez bien qu'il ne faut pointeher-
cher ou afligner le point de veuc ailleurs que fur icelles; De
forte que voulant fur la quelconque d'elles y reprefenter vn
Tableau plat & vertical à l'ordinaire, ainfi que les deux de la
Planche n. Vous n'aurez qu'à faire vn petit Tableau mo-
delle comme cy-deuant , félon telle diftance & efleuation
d'Oeil que vous délirerez prendre ou que le lieu vous obligera;
& par exemple comme en ladite Planche 21 pour celuy d'en-
haut& d'embas, la diftance O/& A O l'efleuation del'Oeil:
Cela èflant & fon petit- pied ou treillis geometral fait deffus,
ainiï qu'il a efté dit; Lefdites Planches i9,zo,n,vous donneront
l'intelligence de faire auffi vn treillis fur lefdites fuifaces ver-
ticales irregulieres , afin de mettre fur chacun proportionnel-
lement du petit au grand , les mefmes figures qui feront fai-
tes fur le petit Tableau modelle , treillis pour treillis , ou
carreau pour carreau , & place pour place.
CHAPITRE IX.
Explication en gros des obligations que Von
feut auoir de fortifier & affoiblir les Couleurs
des Objets , fuiuant les lieux ou elles fe ren-
contreront fur ces Surfaces defront 3 fuyantes
ou tournantes plus ou moins.
Vand le lieu où l'on defire reprefenter ces Objets eft égale-
ment efclairé de quelques feneftres , on a cet auantage
Q
17
qu'il ne faut affbiblif ladite couleur qu'es parties de la furfa-
ce, lefquelles s'auancent vers l'oeil du regardant , & affoiblir
celle des Objets qui s'en elloignent , afin de la pouuoir rendre
égale félon les diuerfes coupes, verticales , paralelles au plan
du Tableau modelle : Mais quand vne partie elt ombrée Se
l'autre éclairée; Il conuient d'abord fe fouuenir de mettre
proportionnellement la Couleur plus claire ou pour mieux
direplus forte & vifue à l'endroit de cette partie Ombrée, &
affoiblir celle qui eft éclairée, afin que voulant faire vn Ta-
bleau où les Objets paroilïent ou non eftre fur cette furface ,
l'on y fane pat ce moyen perdre à l'Oeil la fenfation de cet
ombre ou ombrage.
Si vousauiezàreprefenter fur vn petit Tableau plat- modelle
ainfi quei'ay dit , des bas reliefs, rondes bol!es,ou autres rel-
ies choies fuiuant vnediftance&elleuation d'Oeil déterminée:
Vous fçauez bien que vous auriez égard de quel cofté la lu-
mière doit donner lus iceux foit à plomb , par deflus, par def-
fous, à cofté , & fouuent de diuers endroits en mefme temps,
& le tout fuiuant la volonté & les lumières qui viennent des
ouuertures telles qu'elles peuuent eftre fituées pour éclairer
le lieu où vous auezà faire de tels ouurages.
Quand vne chandelle ou tel autre petit luminaire ou plu-
sieurs éclaire ou illumine vn Objet , on ne le confidere que
comme vn point lumineux , duquel les ombres s'eflargiffent
en s'elloignant dudit Objet.
Lors que l'on veut faire vne telle reprefentation d'Objets
par l'illumination du Soleil ou de la Lune, à caufe de leur ex-
ceffiue diftance à la furface de la terre, l'Oeil voit l'ombre
defdits Objets paralels entr'eux , fi lefdits Objets font auflî
paralcls , c'efl: à dire , de leur mefme largeur.
Q/iand le Soleil ne nous fait point pareftre diftinttement
fes rayons , & par ainfi qu'il ne fe voit point d'ombre ou d'om-
brages fur ces Objets, finondans les lieux creux ou concaui-
tez d'iceux ou cette lumière difFufe ne peut entrer ou fouiller,
l'on ne peut faire la reprefentation de leur couleur ny exprimer
leurs fuyants & tournants à comparaifon des parties veués de
front les vnes des autres, que par cette raifon ou règle de les
fortifier & affoiblir fuiuant leur place.
De plus , il faut demeurer d'accord que plus les rayons de
l'Oeil du regardant vont donner à plomb fur ces furfaces ou
Dij
18
Tableaux , d'autant plus ledit Oeil reçoit-il la fènfation de
leurs co uleurs plus forte &diftincte. Et auffi que tant plus ces
rayons glifferont fur icelles, ledit Oeilreceura la fènfation de
leurfdites couleurs tant moins diftinctcment.
Mais lors qu'il s'agit de faire en forte qu'vne tellepartie de
Surface oud'Objet ou le rayon de l'Oeil gliffeainû , ou qu'ilfc
prefente moins de front deuantluy , luy faflevne pareille fèn-
fation qu'vne de front j vous jugez bien qu'il faut affoiblir la
couleur de cette de front, & fortifier celle de la fuyante, glif-
fante, ou tournante, plus ou moins félon qu'elles fuyent &c
tournent aufli plus ou moins.
Or comme il eft abfolument necelTaire d'auoir égard à ces
panicularitez pour l'exécution de ces Tableaux irreguliers fi
l'on veut bien faire & contenter les yeux délicats & clairs-
voyans ; I'ay trouué à propos de faire voir que l'afFoiblilîe-
ment de ces cliofes eftant bien entendues, & parconfequent
bien exécutées fur chacun des petits Tableaux modelles, ainfi
qu'il eft amplement expliqué dans mon premier Traité , ou
comme en celuy-cy , la difficulté ne fera pas grande de l'exécu-
ter ainfi proportionnellement fur fèfdites Surfaces ou Ta-
bleaux irreguliers, après ce que j'en vay dire en fuite & fur les
Planches 6, 14, if,i6, & 17.
Vous deuez doncauoir veu ou pourrez voir dans mon pre-
mier Liure&dans celuy-cy, quand il s'agit de reprefenter en
Peripectiue fur vn Tableau plat & vertical, tels Objets vifibles
delà nature que defirez, vous y auez fait auant toutes chofes
les Efcheilesde front & fuyantes Perfpectiues , & aubefoin par
le moyen d'icelles vn treillis Perfpeclif , & fur iceluy détermi-
né &placé l'alfiette ou plan defdits Objets ; puis par le moyen
des Efchelles de front fait leurs elleuations Perfpe&iues & de
front : Enfemble trouué la place de leurs jours , ombres Se
ombrages. Et finalement feeu parla proportion de la diminu-
tion deldites de frontàcomparaifon de leur fondamentale ou
bazedu Tableau , de combien vne couleur claire ou brune de
front doit eftre effoiblie, pour faire en forte que l'Oeil en re-
çoiue la mefme fènlàtion ou vifion qu'il feroit en voyant ces
mefmes Objets naturels -} Et pour les Objets tournanrs &
fuyants , on aura égard à leur différente obliquité , comme il
feraexpliquéauXI. Chapitre,& es Planches 14,2^16, i7,dece
Traité.
Ayant donc ainfi trounc toutes ces choies fur tii petit Ta-
bleau modelle , demefme lors que vous aurez fait voftre treil-
lis Perfpe&if fur les Surfaces ou Tableaux plats- fonds , incli-
nez & en voûtes d'vn pareil nombre de carreaux qu'en a vo-
ftre petit Tableau modelle; Quand illera queftion de colerer
lefdics objets que vousauecdellèignezdeli'us, vous aurez égard
à la fcituation des deux furfaces , fçauoir du Tableau modelle
eftant imaginé en fa place , & de voftre furface irreguliere,
car faudra diminuer & airoiblir les forces des Objets que l'on
veut colorer fur les parties de cette furface irreguliere qui font
plus proches del'Oeil ,& fur celles qui feprelentent à luy plus
de front, que les parties correfpondantes au Tableau model-
le; Au contraire il fera neceffaire de fortifier les Objets qui
font en des parties plus efloignées,& celles qui font plus obli-
ques.
Mais à caufe des diuerfes inclinations , biailemens & irre-
gularitez de Tableaux , il eft comme impoffible de donner aux
Praticiens vne règle facile Se precife , pour l'application per-
fpecfiue defdites couleurs fur iceux , fans fe fèruir de l'Oeil
pour juger aux diuerfes rencontres , fi ce que l'on pratique fui-
uant lefdites règles. luy fait le mefme effet du petit modelle ; il
faut fe contenter du polTïble, & tenir pour certain que Ca-
chant bien colorer ledit petit Tableau modelle, par les règles
expliquées dans mon premier Liure & dans cetuy-cy, notam-
ment dansle XI. Chapitre, lors qu'il conuiendra reprefenter
cesmefmeschofes fui des furfaces irregulieres, inclinées & de
biais , il ne faudra auoir égard ainfi que j'ay dit qu'à fortifier
ouaffoiblir à l'occafion les parties de front, fuyantes & tour-
nantes, en forte qu'elles viennent à faire l'effet du Tableau.
Or ce qui fera dit audit Chapitre XI. & aux Planches 14, zf,
16 , & 17 , pourra donner beaucoup d'intelligence pour ce
fujet , fur tout aux intelligens.
CHAPITRE X.
Touchant vne des principales erreurs que diuerfes
personnes ont fur la pratique de la
Perfpecliue.
IL y en a qui ont dit & écrie , qu'ayant à reprefenter fur vn
Tableau plat & vertical des Pigur-es humaines efieuées 4
D iij
plomb les vncs fut les autres paralellement au plan dudit Ta-
bleau , qu'il faut diminuer la hauteur de celles qui font efleuées
haut & quepout celles qui ne le font que de trois ou quatre
pieds , la diminution en efb imperceptible ; Et pout cet effet
ils ont prétendu donner vne règle pour faire cette diminution
de hauteur.
Mais ceux qui ont vn peu de Geomeftrie, fçauent que la di-
minution fe fait proportionnellement de l'Oeil au Tableau
comme elle le faifbitde l'Oeil au fujet ou objet, fuppùlantle
Tableau entre ledit Oeil & le fujet. C'eftpourquoy je me con-
tenteray de cet aduertifîement fans m'y arrefter dauantage,
& de ce qui en eft dit & expliqué es Planches xj-, & z8.
Quant à ceux qui donnent vn grand nombre d'exemples
pour expliquer vne pratique pour laquelle il fufïk fouuent
d'vne feule , jetrouue qu'ils ne font pas ce qu'ils doiuent , &
bien moins encore quand en voulant par ce moyen auoir def-
fein delà faire entendre par le menu ou en détail, qu'ils lailfenc
en arrière le principal ou fonds de ladite ptatique.
Et quoy qu'ils aycnt fait plufieurs Volumes fur ce fujet, s'ils
n'y ont donné le moyen de franchir à l'occafion laplus grande
difficulté qui fe puiffe rencontrer dans ladite pratique , ils
laifleront toufiours le Praticien dans vn embarras, & crainte
de ne fe pouuoir d'émeler de ces chofès , foit pout les prati-
quer, ou bien lors qu'il s'agira de s'en entretenir en publie ou
en particulier.
I'eflime que pour bien donner à entendre cette pratique de
perfpe&iue, il faut en traiter dés fon origine, & ne lailfer paf-
fer aucune partie d'icelle fans l'auoir bien expliquée , puis
qu'autant bien qu'on la puiile faire lors qu'il s'agift d'apren-
drepar Liure -, Il y a toufiours afTez de difficulté pour plufieurs
Praticiens.
Ceuxquineconceuront pas ainfiquei'aydit , que les prati-
ques du Geometral & du Perfpe&if, ne font que deux efpeces
dvn mefme genre , & non deux genres diuers, & quelapra-
tiquedel'vn eftlamefme que de l'autre, tout ce qu'ils diront
& écriront fur ce fujet fera toufiours très-difficile à retenir & à
pratiquer fuiuant les diuers cas & rencontres; Ecce fera mer-
ueille s'ils ne paflent fous filence le moyen de reprefenter les
plus belles & neceffaires parties de cet Ait.
CHAPITRE Xi;
Sur ce que la plus grande partie des Profcffeurs
en l'Art de la Peinture > mcfme des excellents
en peignant après le naturel varient la pru-
nelle de leurs yeux en le regardant 3 & par
ainji font fur leur Tableau fans y p enfer ^ne
infinité de points principaux ou dire fis _, bien
qu'ils croyent n'y en auoir eftably quvn3 ce
qui fait a mon aduis que l'Oeil ne reçoit pas
de Icurfdits ouurages ajfez^ de fenfation de
rondeur autrement de relief.
CEtte matière n'ayant pas efté allez expliquée en particu-
lier pour d'aucunes perfonnes en mon premier Traité ,j'ay
trouué a propos d'en faire icy vn petit difcours ,&les quatre
Planches 14 , is , 16 , & 17 : Car audit Traité fuiuant l'auis de
M. B e far gués , j'ayditen gros en parlant de la raifon du fort
& foible des touches , teinctes ou couleurs 3 qu'afin que les
chofes fuyantes & fur tout les tournantes, que l'on deïlre re-
prelenter furies Tableaux, fiflent à l'Oeil la fenfation d'eftre
telles ainfi que leurs originaux naturels & de relief, il en fal-
loit forcer l'afFoiblilTement , & que cet afToibliiTement equi-
poloit à vn grand lointain. Mais jecroy que ces deux ou trois
mots ne font pcut-eftre pas fî bien entendus qu'il feroit de
befoin , puis que la pluipart des beaux ouurages de Peinture
que j'ay veu&voy encore tous les jours, fur tout de ceux qui
font profeffion dépeindre à veue d'Oeil d'apresle naturel, ne
me font pas à l'Oeil fur cette circonstance , l'effet de fuyant
& de tournant , en vn mot de rondeur qu'ils feroient s'ils
eltoient touchez de ce qui fera dit cy-apres.
Qu,ant àmoy je croy que ce deftaut vient de ce qu'en co-
piant delalorte le naturel, ils ne prennenr pas garde ainfi que
j'ay dit ,* qu'ils jouent à tous momens de la prunelle pour
voir plus diftin dément la'couleur de leur objet^Sc par ce moyen
ils font en forte que la plus grande part des parties fuyantes &
tournantes dudit Objet , la couleur s'enprefente defrontà leurs
yeux; Ou 11 mieux vous aymez que tournant ainfi la prunelle
à droit , à gauche , d'enhaut & d'embas ou autrement , le rayon
qui part du centre de l'Oeil peut rencontrer de front plufieurs
defdites parties tournâmes & fuyantes colorées , & de telle
force qu'elles luy feront ou peu s'en faudra , mefme fenfation
de force & couleur les vnes que les aurres; Et par ainfi faifant
de tels deftrempemens ou alliages de couleurs , pour les ap-
pliquer comme cela furvne furface ou Tableau plat ; Il arri-
uera qu'au lieu qu'ils ont intention que ce qu'ils reprefenre-
ront fur iceluy leur falTe à l'Oeil fenfation d'vne chofe de relief,
ainfi queleur Original naturel , au conrraire elle luy fera fenfa-
tion d'vne chofe aplatie. Etn'eftoit bien fôuuent que la forme
du fujet ou objet e(i exprimée par les traits ou contours qui
vous reprefentent en quelque forte les efloignemens fuyants &
toutnansd'iceux, vous nelesyreconnoiflreriez pas par la fen-
iationde la couleur.
Par confequenr , il faut faire cette reflexion que puis qu'en
variant ainfî la prunelle de l'Oeil, on voit la couleur des di-
uerfes parties de l'objet que l'on regarde plus diftin&emenr,
quefionnelavarioit point; Et à caufè que cette variation eft
vne longue habitude difficile à corriger; Il s'enfuit que l'on la
doit tenir fufpecle & ainfi en trauaillant eftre fur la défiance,
afin de faire ou reprefenter fur fon Tableau les parties des objets
plus affaiblies par proportion de leurs différentes coupes foit
de front , fuyantes & tournantes , que ledit Oeil ne les voit,
en y jettant de la forte ledit rayon direct plus ou moins obli-
quement ou de biais : car autrement d'vn fujet naturel que
l'on defîreroit copier , la copie ne vous feroit jamais à l'Oeil la
mefme vifïon ou fenfation de voftre original naturel. Le peu
que j'ay dit fur cette particularité, & cequej'en diray & expli-
queray fur lefdites trois ou quatre Planches doit fuffire pour le
prefènt.
CHAP.
CHAPITRE XII.
Touchant les diuers me/langes de couleurs des
Objets ejpandus 3 di fier fie z^ & méfiez^ parmy
les airs qui les ennironnent : Enfemble le moyen
de les y affoiblir ou fortifier auec raifon 3 pour
rendre a l'Oeil la me fine fienfiation & vniort
du naturel.
M'Eftant obligé de donner à entendre d'vne autre façon
quedansmon premier Traité, la caufe du meflangeSe
de l'aftoiblillement de la couleur des objets que l'on veutre-
prefenter furvn Tableau , qui cft ce qui fait vne grande partie
de ce que l'on entend par le mot d'vnion de colory.
le vous diiay puis que Toccarïon le requiert ; Qujavant à
faire la reprefentation de tels objets qu'il vous plaira, dans ou.
fur vn Tableau , plat ou non , lbit en iour de chambre , peu ou
beaucoup éclairée , d'vn iour de campagne clai; & net , &d'vn
fombre oun buleux: bref d'vne nuit plus ou moins obfcure,
fans flambeau & auec flambeau, plus ou moins ou tels autres
lumières ou feux grands ou petits.
Il eft très- necellaire de remarquer que nous & plufîeurs au-
tres objets vifibles, lbmmes enuuonnez de différents airs, plus
ou moins clairs ou ténébreux, ainiî que les poiifons &c au'res
objets le (ont dans les eaux plusou moins claires ou troubles,
lefquels ont aufli la furface de la terre fous eux au fond de
l'eau , ainfi que nous & nos autres ob|ets.
Et de meime auiîi que nous pouuons fuppofer la fi:perricie
de l'eau eftre le Tableau fut lequel nous conceuons voir deilèi-
gnez & coulorez , les objets tels qu'ils font feituez dedans1,
au fond, ou derrière iceile.
Tout de mcfme nous pouuons fuppofer vne furface platte
d'air , & conceuoir les objers au de la d'icelle, enclos Se enui-
ronnez de cette grande efpaideur d'air , &nommcr cette fur-
face d'air Tableau.
Vous prendrez oaide s'il vous plaitt, que le iuppefè que
Tonne conçoiue pius y au oit d'air entre l'Oeil Se lêfdirés fur-
faces d'eau & d'air , autrement donnant de l'air entre lediî
E
H
Oeil & la furfacc ou Tableau d'air, il auroit fallu fuppofer eftre
dans l'eau, afin d'auoir aufli ue l'eau entre noftre Oeil & ladite
furface ouTableau d'eau.
Or cela entendu pour acheuer noftre comparaifon , difons
que l'eau eftant bien claire, pure, nette & calme, & que les
poifions ou autres objets qui y font plus ou moins proches de
la fuperficic ouTableau , l'Oeil du regardant en aura la fenfa-
tionplusou moins nette &diftincte tant de leur trait ou forme
que de leur couleur.
Pareillement ces corps ou objets, plus ou moins proches ou
efloignez de la fuperficieplatteou Tableau d'vn air clair, pur,
net & non agité, l'Oeil duriit regardant en aura la fenfation
plus ou moins nette & diftin&e
Et finalement on peut dire de plus que d'autant que ladite
eaufera profonde , trouble & agitée, d'autant moinstous ces
objets apparoiftront ils à l'Oeil diftincts en leur forme & en
leur couleur , & qu'ils participeront outre leurs couleurs na-
turelles de celle de l'eau, qui lesenuelope & enchalle du jour
qui les éclaire, & de la voûte du Ciel & autres corps qui les
enuironnent ou enclofent , & mefnu des reflexions & réfra-
ctions qui leur arriuent entr'eux^ à l'occafîon de toutes ces
chofes.
Ainfîpeut-on dire que les objets faits fur les Tableaux donc
eft queftion, tant plus il y aura d'efpaifleur d'air nébuleux,
noir , agité , & méfié des diuerfes vapeurs & reflexions des
corps ou tujfts , des lumières & finalement de la voûte du Ciel
qui les enuelope, l'Oeil aura la fenfation de toutes ces chofes
plus ou moins diftincles".
Si l'air eftoit également plein de vapeurs, pouflieres ou
autres corps , qui empefehent le paflage d'vne partie de la lu-
mière & de lavifion iufqu'aux objets, la perte ou diminution
fur des objets inégalement efloignez en feroit proportionnée
à leurs diftances par exemple, celuy qui feroit trois fois plus
efloigné perdroit trois fois autant que celuy qui feroit dans la
première diftance.
Mais comme l'air eft touiîours inégalement remply de ces
vapeurs & autres corps , je ne comprendray pas cette caufe
d'affoibliflemenr delà lumière & de la vifîon entre les e/ïèntiel-
les, qui font la diftance & l'obliquité , dont j'ay delïa dit
quelque chofe,referuant le relie pour les Planches z> ,26,8c 17.
CHAPITRE XIII.
Zegere Esbaucbe d'vn moyen de conduire auec
certitude , les traits ou hacheures qui expriment
à l'Oeil la fenfation de relief des ob ets }ref?re-
fentez^ es imprefsions ou flampes de Taille douce
foit parvne feule ou par plufieurs hacheures
qui fe croifent les vncs $• les autres , que nous
nommons communément contre- hacheures.
IL neparoift point jufques à prêtent par les Oeuures de ceux
qui ont prauqué ou profère l'Art de la Giaveureen Taiile-
douce & en bo^ , qu'ils ayent eu la penlée de placer lefdits
traits ou hacheures fur les objets qu'ils ont voulu reprefenter
delà manière qu'il fera expliqué en gros dans ce Dilcours , &
par la dernière Planche de ce Liure.
Et de cela ie m'en rapporte aux excellents Praticiens d'âpre-
fent, & aulli aux connoiilans amateurs ou curieux des Oeu-
ures de cet Art, qui ne font point d'humeur pointiLUufe , les
priant tous de croire que je ne prétends en aucune façon ter-
nir la mémoire de ces excellens Praticiens , au contraire iela
reuere & reuereray Dieu aydant jufquesau tombeau : & ctoy
que ce n'eifc pas les off.'nter de tafeher a perfectionner s'il y a
moyen, la pratique de cet Art, puisque plufieurs d'entr'eux y
ont contribué.
Ceux de cette Profeflîon fçauent que le principal but d'vn
Graveur qui veut copier en graveure vndelîeinou vn Tableau
compofé d'vn oude plufieurs objets faitsde ton inuention ou
de celle d'vn autre, eit de le rendre bien correct eu Coa trait ou
contour ,& en fes autres particularitez, comme en la place des
jours & ombres , furies parciesdef ont, Fuyantes & tournantes:
Enfemble leuts touches de force & foibleue,en forte qu'elles
expriment bien leut relief.
Or comme il eft naturel de fuiure l'exemple d'autruy &
principalement lors qu'il nous plaift, plufieurs Graveurs ont
tait & font le temblable , en prenant la manière de conduire
lefdites hacheures fumant celle des anciens ou modernes, la-
Eij
quelle leur agrée, loh par vne feule raille ou hacheure ou par
plufieurs, aueedes points ou fans points , ou le tout par des
points , principalement les nuditez ; Er n'onr pas le foin de
confidererourrouuer vne conduire réglée pour placer lefdites
hacheures , de forre que de chacune en particulier l'on puilfe
içauoir où elles doiuenr s'aller renconrrerfàns le confondre ou
s'embaratfer dans les aurres , & de plus renir entr'elles leurs pla-
ces perfpectiuesfur lesobjers où elles fonr appliquées.
C'eft ce qui m'oblige a déclarer icy l'ordre que i'eftime que
l'on y peur renir : toujefois ie le diray en gros puis que cette
matière demanderoir bienvn ample Traité ou Volume, pour
eftre expliquée en toures ces circonftances.
le croy que fi les nudirez des corps narurels eftoienr aulfi
bien formées de traits ou fils , que les caneuas, toilles, draps
& autres relies eftofTes, l'on ne feroit pas iulques a prêtent à
trouuer cér ordre.
Chacun feait qu'encore qu'à de telles eftofTes ou draperies,
on face faire des plis rels que l'on defirera, cela ne fera pas
changer de place aux fils qui les onr tiffuès; Etqu'vne perfon-
ne rant foit peu intelligente au Delfein , pourra bien en deflei-
gnanr defemblabies draperies, marquer fur ce qu'il en delfei -
gnera lerang que tiennent lefdits fils fur ces diuers plis, & le
tour fumant le poinr de veuë & la diftance qu'il aura prife pour
ce faire.
Nul ne peut aulfi dourer que la mefmechofè fe pourroit fai-
re en defieignant d'après vne tefte humaine & figure nue, ou
tel autre corps , s'ileitoit ainfi que j'aydir formé de ces traits
ou fils, encore bi.n qu'il fift diuers mouuemens.
Mais d'aurant que relies nudirez & autres corps, ne fonrpas
ainfi formez de rraits ou fils , & qu'ils n'ont en eux que les che-
ueuv, poils & laines qui donnent d'eux mefmes la manière de
les exécuter ainfi en graveure, il faut rrouuer vn moyen fi
faire ce peur, pour bien imaginer de femblables traits fur ces
corps humains , ou tels autres fairs de diuers meraux & miné-
raux : Er remarquer que la plufpart defdits corps ouobters,
ont des parties qui fe doiuent distinguer d auec la mafle d'i-
ceux , ainfi comme fay dit,lescheueux & poils des figures hu-
maines , puis la prunelle des yeux , les denrs , les ongles ; afin
qu'alors que l'on voudra conceuoir ou marquer de telles ligne*
)7
ou hacheures fur ces mafles de corps , on en puilTe imaginer
aufli d'autres iur ces petites parties. Or pour bien aydei 1 ima-
gination & l'oeil a voir l'exécution de ces choies, je recireray
icy ingenuemenr comme la penléem'en eft venue
Il va quelque moi? que le Sieur Nanteiïilcy-deuant nommé,
&conneuapre ent de diuerfesperfonnes , pour vn d^s e*cel-
lens en cette profeffion de Graveure,& notamment pour les
pourtraits, de lapiufpartdefquels il fait les crayons après na-
ture tres-excellemment exécutez & rellemblans, me vint voir
pour conférer de quelques hacruures qu il vouloit aeternrner
liir vn pourtrait qu'il deiiroitgrauer. Or encelujetluy & moy
ne cherchions fur l'heure pour ce faire rien , que iùiuant L'idée
&reouuenir des autres beaux Ouurages de telle nature; Mais
à l'inftant la penlëe me vintdelaraiion des coupes en la per-
fpectiue , tant deceilesparalelles au Tableau, cjue des ombres
ou ombrages que font les diuers corps les vns fur les aurres
expofez au Soleil ; Enfemble de la ma uere icy expliquée de
tracer parle moyen delà chandelle & filets , dc% lignes fur di-
uerfes furfaces : Ce qui nous donna lieu de tracer auec du
crayon fur vneteftede plaftre , des lignes paralelles entr'elks,
fuiuant vne coupe ou plan déterminé : Et davantage à moy
pour plus facilement voir ces chofes, de conceuoirdes lignes
ou ombres d'icelles , tracées fur vne telle rtfte expofée au So-
leil, en interpofant entr'elle, & iceluy comme vne forme di
raquette treiiliiîée de fils ou cordes ; en forte & de telle pofï-
tion qu'elles fillènt leur, ombres ou ombrages fur ladite tefte
d'vnfensconuenable & agréable pour icelle, & aulTi pour l'e-
xécution ; car iHerencontreroit des corps où la beauté de ces
ombres ne fetiouueroit point à l'oeil , pareille en vne foi te de
coupe ou pofition qu'elle feroir en vne autre.
Mais comme vne Figure eft. bien plus propre à faire con-
ceuoir ces particularisez qu'vn Difcours ; La Planche ji , cy-
deuant cirée, vous acheuera le refte. Seulement vous diray-
je, qu'il arriuc vne chofe par le moyen de ces ombres, c'effc
quelefdites ficelles , cordes ou filers , ne marquent diftin&e-
ment leurfdnes ombres que fur les parries éclairées de l'objec
fur quoy elles vont , & qu'elles fe perdent dans les grandes
ombres qui font fur ledit objet.
Donc le refultat en gros de tout cela , en attendant vne plus
E iij
ample explication pour tous les diuers corps , tant en parti-
culier qu'en gênerai fi Dkju me le permet, eft de vous auer-
tir , qu'encore que l'on conçoiue vne telle telle ou figure
coupée par des plans parel.ls entr eux, les lignes qui fe mar-
queroientfur icelles ne paroiftroient pas paralelles enrr 'elles,
à caulè des irregularirez de ladite telle; mais il ne faut paslaif-
fer pour cela demies conceuoir telles qu'elles fe feroient fur
vn corps régulier , comme vne boule fjr laquelle de telles
coupes paralelles entr'clles eftant fanes , les 1 gués qu'elles fe-
roient fur lifuperficiede ladite boule feroienc pareillement pa-
ralelles entr'elles ; Et c'efl ce qui nous arrefti en quelque forte
& qui retrancha vne partie de noftre joye : Neantmoins depuis
nous nous fommes confirmez , tant par ce que nous auons
de théorie , que par les expériences de la pratique , que cette
penféepeut donner de grandes lumières à vn praticien de cet
Art , pour ladite conduite de ces hacheures en les déterminant
& imaginant ainfi geometralement fur le relief ou naturel;
puis les conceuoir & tracer fiV la Planche perfpe&iuemcnt ou
fur telle autre furface platte où vous délirez exécuter de telles
chofes , comme par le moyen de la plume ou du crayon.
Mais ce qui nous toucha le plus à la veue de telles lignes,
ainfi paralellement tracées fur cette telle, fut la confideration
de leur perfpe&tue , d'autant que celles qui efloient fur les
parties plus ou moins tournantes , nous apparoillbient à l'oeil
plus ou moins preflees ; ce qui faifoit vn tout autre effet de
rondeur que les ouurages qui ne font pas exécutez de la forte:
Et à vray dire , je croyquec'eft le vray moyen d'exprimer ainfi
par hacheure ou traits le relief defdits objets que l'on veut re-
prefenterparcét Art de Graveure. Et dauantage le plus court
chemin & la manière plus expeditiue pour bien faire.
le me fuis douté Se plufieurs auec moy ,àqui j'ay communi-
qué mes penfées fur ce fujet, qu'il fe pourroit rencontrer des
efprits,quoy que mal fondez, qui diront à la volée que plu-
fieurs Graveurs , anciens & modernes, ont exécuté de telles
chofes, d'autant qu'il ne fe peut pas que d'vn grand nombre
deflampesqui fe voyent il ne s'y en trouue, ou fur quelques en-
droits d'icelles il y ait quelque chofe de fèmblable : Mais je
leur fouftiendray qu'ils ne me fçauroient feulement montrer
vne telle j où telles hacheures foient conduites d'vn bout à au-
/
39
trc de la forte que je l'explique icy , & comme ledit Nanteiiil
l'exécute a piefent.
Et mcfmequandctla feroit auffi vray qui ne l'eft pas, tou-
jours ferois-je le premier qui auroit commencé d'en don-
ner au public la pratique.
Mais comme j'ay dit , de tout le différent qui pourroit nai-
ftre fur cecy je m'en raporte à la vérité & aux Sçauans en
cet Art, & en celuy de la 1 ourtiaiiure , qui (ont d'humeur
à diftinguer charitablement le vray d'auec fon contraire.
f*I< »î* il* *S* *X* !Î* »I* *I* »î» »î* *X* »I*
#c*c*CN»e>jJe<>fcc#48,
PREMIERS
m
Première Planche ou Figvrh,
CEtte Planche eft diuifée en trois parties , fur lefquelles font
reprefentées les pofuions ou fcituations de fix Tableaux
plats. Dans la première en haut vous y voyez celuy A nom-
mé Vertical. Et les deux B C nommez horizontaux , l'vn com-
me B veu de bas en haut,& celuy C de haut en bas, Par l' Oeil O.
Dans la figure ou partie du milieu , vous y auez demefme
vn Tableau plat incliné D , & vn en plat fonds E , lefquels fi
l'on veut feront a l'Oeil du regardant O. la fenfation ou vifion
de verticaux comme celuy A.
Puis en la partie d'embas eft reprefenté vn mur ou Tableau
vertical F,placé de biaisa l'égard du regardant O, lequel fi on
le defire aufli , pareftra à l'Oeil de fronr airfi que le treillis ou
carclageefleué abcd duquel la ligne ou cote b d eft jointe pa-
ralellement au cofté dudit Tableau F.
Ce quife doit bien remarquer de ces fix Cottes de Tableaux
pour tracer deiTus les efchelles de front & fuyantes & tels objets
que l'on voudra , eft que par noftre manière , & félon telle di-
ftance & eileuation d'Oeil propofceou donnée, cela fe peut
faire facilement &promptement furies trois d'en haut A B C»
fans qu'il foit befoin de faire vn petit Tableau modclle , Se
qu'il n'y a aucune différence en la pratique d'en faire vn ver-
tical ou vn horizonral veu de bas en haut ou de haut en bas.
ainfi que celafe peut voir dans mon premier Liure & en celuy-
cy aux deux Planches zi , & 2$.
Et encote que par noftre-dite manière l'on peut faire la mef-
mechofè furies trois derniers Tableaux, neanrmoins à caufe
qu ilfàudroit comme j'ay dit fbuuent , fcauoirvn peu plus de
Géométrie pratique que la plufpart des Peintres, j'ay creû que
pour ces Tableaux plats & les fuiuans courbes &irreguliers ; Il
fèroit à propos d'en faciliter la manière par l'ayde d'vn petit
Tableau modelle, & d'autant plus que cela fe fera plus prom-
ptement &aufliiufte qu'autrement.
Souuenez-vous donc que pour faire quoy que ce foit fur les
Tableaux plats , verticaux & horizontaux , il n'eft point ne-
Ceflaire d'auoir de Tableau modelle , mais bien pour ces incli-
nez de biais & courbes, comme il fera dit en la Planche qui
fuit,
41
Planche 2.
VOus voyez reprefenté en perfpe&iue au haut de cette
Planche vne forme de falle ou gallerie en voûte, fur la-
quelle il y a le partagement de trois Tableaux ABC.
Pour celuy A jeluppole qu'on defire qu'il apparoilleà l'Oeil
du regardant a, 0 venica) ou à plomb pofc fur fon pied droicF
ou codé F deladitegaleiie , ainfi que la ligne pointée à plomb
F G.
Or par les Planches quifuiuent vous fçaurez à quoy doiuent
feruir les lignes occultes ou pointées qui vont des diuifions de
ladite pointée à plomb F G à l'œil O, couper celle c f&c que
la pointée 0 s Y doit eftre la diftance pour faire le Tableau
modelle, & femblablement O/ la diftance pour faire le treil-
lis per'pcétif iur le Tableau voûté A.
Le Tableau B eftant deftiné pour paroiftre à l'Oeil du re-
gardant plat & hori2ontal , il oblige a faire vn petit Tableau
modelle fuiuant ia diftance /B & poiîtion d'Oeil B, & bien
que ce treillis de feize carrez luy foit appofé , ce n'eft que pour
donner à entendre qu'ayant fait fur le Tableau modelle les
objets tels que l'on voudroit qu'ils apparufient à l'Oeil fur la-
dite voûte ou Tableau horizontal B, & en fuite vn mefme
nombre de petirs treillis ou carrez , qu'ayant tendu des filets
ou ficelles pour faire vn tel autre treillis de 16. carrez fur ladite
voûte comme il fera plus amplement expliqué cy-apres, puis
en fuite mis vne chandelle au point/ Oeil du regardant t f.
Ces filets ou ficelles feront par leurs ombres vn treillis perfpe-
dif, ainfi que k pourrez plus facilement voir au bas de cette
Planche fur la voûre M
Pour le Tableau C , je Uippofe qu'ayant pofé le regardant ao
au lieu delà pointée F I,fe (eroit la mefme chofè.
Vous remarquerez auffi que fi on vouloir faire la reprefenta-
tion d'vn Tableau horizontal tur vne voûte irreguliere , & pour
exemple fur vnedeCloifhe- ou enarreftecommeenbas à voffcre
droicV au lieu N, ce fera toute la mefme choie, & qu'il faudra
ainfi faire vn Tableau modelk horizontal fuiuant fa diftance
Vous allez voir en la Planche qui fuit comme il n'y a aucune
différence de tracer les efchelles de front & fuyantes perfpe&i-
ues , & par confequent vn treillis fur vn Tableau plat, hori-
zontal ou en plat fonds, que fur vn vertical.
fy denfzcuft
45
Planche j,
L'Exemple d'en haut de cette Planche, vous reprefènre vn
Tableau plat vertical ou pofé à plomb furie plan d'affiet-
te x g h i, que «oeil l'eileuation de l'Oeil lur iceluv aulli à
plomb; Que o F eftla-diftance & Flepoint deveuc; Etfinale-
ment que g h eft le plan d'alîiette carelc derrière ledit Ta-
bleau g d b c.
De mefme en la figure à'emhas^gdcb eft leTableau,0 la pla-
ce ou poiïtion de l'Oeil , F 1? point de veue fur iceluy & OF,la
diftance dudk Oeil O a ce Tableau , & toute la différence quM
y a entre ces deux Tableaux n'eft qu'en la poficion , & qu'au
lieu qu'en haut le regardant a o eft debout , embas il eft cou-
ché, & fi vous tournez ce Liuie de forte que la ligne Eghs foit
le bas de cette Planche comme eft à prêtent celle E V, vous
verrez d'autant plus à clair cette vérité.
Donc puis qu'il ne s'agiit icy que de fçauoir faire vn treillis
ou carrelage perfpectif fur diuerfes furfaces ou Tableauxplats
ou courbes: le dis que pour en venir à bout fur ceux qui (ont
plats de quelques lcituations ou polirions qu'ils l'oient , le
point de veuè' fe trouuant furiceux; lefdits treillis fe pourront
tracera la reigle ou au filet, ainfi que les Tableaux verticaux
plats comme vous verrez.
Confiderez donc que j'ay entendu que le Tableau gcdb fi-
gure d'embas eft placé comme vn horizontal ou en plat- fonds;
Toutefois je ne prétends pas pour tracer le treillis ou carrela-
ge reprefenté au plan d'aiïiette carelé gh , qu'il y ait fur ledit
plan ou carrelage aucun objet efleué ainfi que vous en pour-
rez delcouurir la raifon cy-apres à moins que vous ne l'ayez
fait dés à prefent.
En la Planche qui fuit vous allez voir vn moyen de tracer
fur deux Tableaux verticaux l'vn fur l'autre, les treillis perlpe-
ôifs & tels objets que l'on defirera.
V ii
44
Planche 4.
VOus voyez en cette Planche comme à voftre gauche la re-
prefentation de deux Tableaux plats & verticaux ou à
plomb l'vn fur l'autre F A , & fur iceux les mefmes treillis &
objets deflèignez perfpectifs félon vne mefme diftance F O ou
fcituation d'Oeil O.
Or ce qu'il peut y auoir de différence de l'vn à l'autre, eft
qu'au Tableau de deflous, le point de veuè* F le trouue dedans,
& par confèquent hors de celuy d'en haut , & que l'Oeil du re-
gardant voit le treillis ou carrelage de celuy d'embas pardelfus
& vne partie des objets j & au contraire de celuy d'en haut il
voit le tout patdelfous, & ainfî cette elleuation efl caufe qu'vnc
partie fuyante defdits objets luy elt cachée par la baze et*.
I'ay mis haut à voftre droidfe la reprefentation des objets
dudit Tableau d'en haut , afin que vous les voyez de front ainf;
qu'il eft fuppofe que l'Oeil O du regardant les voit.
Maisfouuenez-vous que le principal fujet qui m'a obligé de
reprefenter ces deux Tableaux & fur tout celuy d'en haut, eft
pour donner à entendrele moyen défaire le petit Tableau mo-
delle, pour feruir à faire que Ljs Tableaux plats-fonds inclinez
& courbes paroiffent à l'Oeil, verticaux, horizontaux ou au-
trement ,& auffi que d'ordinaire tels Tableaux font haut efle-
uez.
Par ainfî vous voyez qu'ayant à reprefenter fur vne furface platte
vn Tableau ainfî efleué haut , il ne feroit pas befoin fi l'on ne
vouloit, d'en faire vn petit modelle, quoy que ce point de veue
F fuft dehors, puis qu'il y a vn moyen de le trouuer fans en for-
tir, dans les Planches ;;, 74, f ;, ?6 , de mon premier traité en
casquel'onn'euftpas déplace pour cefaire ainfî qu'en ce Ta-
bleau d'en haut.
Mais ce qui eft à natt et comme j'ay dit, eft qu'ayant à faire
vn Tableau ainfi efleué, & par exemple fur vne voûce il faudra
pour en faire le petit Tableau modelle, voir combien il y a de
pieds depuis l'œil O jufques au point F, ce qui fera la diftance,
& de combien ledit point de veue F eft efioignédela baze dudit
Tableau d'en haut e u.
Ec d'autant qu'il y a encore quelques particularitez à dire fur
ce fujet les trois planches fuiuantes acheueront le refte , puis
que je n'ay pas icy grande place pour en dire dauantage.
4f
Planche y.
CEtte Planche n'eft faite que pour vous auertir que fi en lieu
défaire par la règle effectiue de perfpedtiue lur les petits
Tableaux modelles , les objets comme en la Planche de cy-
deuant,vous les auiez ainfi de relief tels que vous defirezles
xeprefenter (ur vos diuers grands Tableaux ou que vous les eut-
fiez modelez; Qu'il ne faudroit faire autre choie que de les
placer en vn lieu elleué proportionnellement a l'endroit où
vous les délirez reprefentet & fuiuant vne meime diftance &
efleuation d'Oeil.
Et pour exemple fuppofez que vous foyez le regardant AO,
& que vous eftant reculé d'vne diftance conuenable comme
O F , en forte que vous ayez moyen d\mbraller a'vne leule
Oeillade la hauteur de l'objet , depuis F lu (q ues en haut vers M,
& en cette pofition que vous ayez prêcheraient delleigné & co-
loré en petit ladite figure ou objet & fes dépendances.
Cela eftant il n'y aura qu'a tracer deifus ce petit dellèin ou
Tableau vn treillis ou petit-pied geometral, fi petit que vous
voudrez, ainfi qu'il fera dit derechef en la Planche quiiuit.
Lors vous n'aurez qu'à déterminer le lieu ou la lurfarce fur
laquelle vous délirerez reprefenter ce qui cil fur voftre petit def-
fein ou Tableau , foit en plat-fonds , incliné, en voûte ou au-
ment en prennant la mefme diftance O F & l'elleuation de
l'Oeil A O , & la tranlporter audit lieu proportionnelle-
ment.
Et pout m'expliquer mieux pour le commun des Ouuriers
de cette proportionnalité , ie dis que fi vous auez delleigné d 'a-
pres vn objet grand comme le naturel il faut prendre & rapor-
ter auditlieu où vous délirez trauailler en grand , cette diftan-
ce O F de la mefme grandeur.
Et fi au contraire c'a efté après vn petit objet , par confe-
quent vous deuez auoir pris vne petite diftance proportion-
née : de me'me vous deuez la ragrandir fuiuant ledit lieu où
vous auez a trauailler.
La Planche qui fuit eft le moyen de faire ledit Tableau
modelle & l'on treillis deflus,
F iij
Planche 6.
VOus voyez icy vn petic Tableau modelle compofé de fi-
gures & partie d'Architecture, dont (à baze ou fondamen-
tale de front E # Veft elleuée au deiliis de la ligne du Plan de
l'Oeil ZFX autrement horizontale & veu de n. pieds de di-
ftance ainii que cela fe voit par les u, diudions marquées fur
l'interuale Z G , prife à la volonté fur ladite ligne du plan de
l'Oeil Z G X fuiuant noftre m. me pratique.
I'ay mis furie pieddroidt H E, V R. les deux treillis peripe-
£tifs & leur efchelles fuyantes coupées » Z & HZ, pour faire
conuoiftre que l'on peut fe feruir de l'vne & de l'autre pour
faire ledit Tableau modelle eftant la melme chofe,vous deuez
voiraufli que F eft le point de veué
Et encecy vousconlidererez déplus, qu'alors que l'on dé-
lirera faire fur quelque futface ou Tableau plat fonds, incliné
ou courbe, régulier ou non, vne telle repreténtation que Ton
prétend eltrele naturel, Il faut fe contenter de ce que l'Oeil
enpeutvoir, car chacun fçaic bien que d'autant que les Plan-
chers des théâtres fur lefquels les Acteurs font pofez en repre-
(èntant leurs Comédies , feroient efleuez au ddfliis de la hau-
teur de l'Oeil des Spectateurs , d'autant moins verront-ils en-
tiers lelHits A&eurs ,& de plus lors qu'ils (croient reculez, en-
foncez ou efloignez de la baze dudit théâtre.
Mais comme les lieux où l'on eft obligé de reprefen-er ces di-
uers Tableaux, ainfi que fur les voûtes ou autres plats-fonds
inclinez , leurs bazes font efleuées plus haut que ces théâtres , il
faut iubirà cette fujection, à moins que fur de tels Tableaux
l'on y vouluft représente! des bas reliefs ou tels autres corps &
ornemens qui ne demanderoient point de iî grands efloigne-
mens fuyants.
Etlurcefujetlapenféem'eft venue decequej'ay dit aux dif-
courscy-deuant, que l'on peut auflireprefenter fur de telles fur-
faces des Tableaux ordinaires fans confîderer par quelle diftan-
ce& hauteur d'Oeil ils ont efté faits à veue d'oeil ou par règle.
Mais reuenoiis à noftre principal bac qui eil qu'ayant fait vn tel petit Ta-
bleau modelle que celuy-cy ou autrement, il faudra faire deflus , vn treil-
lis ou petit pied de carrez égaux entr'eux comme les pointées que vous voyez
deflus iceluy, Sç aulfi petits que vous voudrez , pour plus facilement &c iu-
ilement raporc cries contours de vos objets qui font dans iceluy fur vn pa-
reil nombre de treillis perfpe&ifs faits fur vne voûte ou tel autre Tableau,
ainù que vous allez voir en la Planche qui fuit ce mefme Tableau modelle
tranfpoircé fur vn treillis fuppofé fait fur vne voûte cilindrique.
Pcntr tran/tigmer /»<?/• ~Re<j/e ces oviedu
iSuf Lwo. Taoïeaiur rnoàeU&r.
Pour raporier àeu^ti^r l'tie Votite Cihnàngue A\r
dhjectK. fàt&r xJtur le TaMeau. moàe/le oe évacuant.
Q.
47
Planche 7.
A Yant fçeu commeil fera dit cy après, de quelle forte l'on
«oit faire le ueillis peripectif fur vn Tableau ou furface
irrtgulkre , il ne refteroir pus qu'a lçauoit celuy de trouuer
furleidits treillis, les cndro&s & place de la feituation des con-
tours des objets par proportion a ceux dudit Tableau mo-
delle.
Ainfîpar la précédente Planche du petit modelle treilliffé de
treillis t'gaux , & par celuy. cy en voûte treiliiflé de treillis iné-
gaux pointez & de pareil nombre que celuy dudit modelle.
Vous, jugez & voyez bien le moyen fans que je m'en expLque
dauamage, défaire le tout par conformité & proportion, qui
eft. à dire de placer les parties defdits objets , carrez pour carret
Replace pour place.
Et comme les fix pieds de front qui font fur les pointées de
frontal, cdjef, g h ,i k , & dauantages'ily en auoit en s'é-
loignant de leur fondamentale ou baze E V deuiennent plus
petits par vne proportion expliquée aux Planches izf, 116, de
mon premier Liure, touchantla diminution delà couleur qui
fe trouue fur vne telle de front à comparaifbn & par propor-
tion de celle qui eft fur la femblable de front du treillis du petit
Tableau modelle de cy-deuant , foitde fa moitié du tiers, du
quart, & ainfidu refte.
Cat il eft très confiant que pour faire que ce qui fera defîèi-
gné &peintfur vne telle voûte ou plat fonds qui incline ou
s'auance vers l'Oeil du regardant, Juy paroifle fe redrelTer à
plomb ou verticalement fur Ion pied drolct E Q , P V, il faut
queies parties de i 'objet qui (ont ainfî les plus auancées, foient
plus petites & plus follement colorées a proportion que cel-
les qui font fur la fondamentale de front EV.
Et d'autant que faifanr les treillis ou carrez grands fur ledit
mocelle, ils le leroienr d'autant ph:<lur le grard Tableau na-
turel . & qi't-fur vif voure il feroit difficile or bien tiouucrpre-
ofement Us contours de< cb]cis ; ie donne cér auis de faire
lefdits treillis lts plue petit que l'on rrovaera a propos pour
par ce moyen rendre le tout plus correct ou plus jufte.
Planche 8.
QVoy que dans mon premier Traité vous ayez veu ou po'u-
uez voir le moyen de couper 1 efchelle fuyante , & en fuite
faire vn treillis perfpeébf fur vn Tableau plat vertical, ie ne lai-
ray pas icy ( & pour caufe ) de le réitérer.
CeTablçaug c d b eft ainfi que j'ay dit, fuppofé eftre plat
& ces quatre angles droicts ou à l'équierre,laligiieduplande
l'Oeil Z C F X autrement herizontaleelleiiée audeflus de la
bazedudit Tableau g e c de trois pieds & demy , & la diftance
de l'Oeil du regardant de fix ; I'ay reprefenté ledit regardant aflls
&vn peu plus petit qu'il ne deuroit, afin qu'il ne cachaft point
vue partie du Tableau, & aufïï pour mieux voir ladite diftan-
ce OF.
Remarquez donc quepour tracet ou couperperfpecliuement
ladite elchelle fuyante, dequelnombtedepieds ou telle mefu-
re que vous voudrez par noftre manière vniuerlêlle; Vousn'a-
uez qu'à ouurir voftre compas de telle ouuerture que voudrez
& porter cette mefme grandeur en tel endroit qu'il vous plaira
fur la ligne du plan de l'Oeil ZFX, & pat exemple du point
Z autant de fois que ladite diftance contient de pieds comme
de Zen C, puis transporter encore vne fois cette mefme ouuer-»
ture de compas ou l'vne de ces fix grandeurs fur la baze g ec
comme de £en», &duditpoint»àceluy Z mener la pointée»
Z, & en fuite tirer vneautte pointée du point £ au point c der-
nière de ces fix diuifions , & où elle coupera la pointée » Z me-
na la defront o p patalelle à fa. fondamentale gec, puis du
point r vne autre droite i q c qui coupera encore ladite pointée
n Z au point q. & par le point i mener vne autre defront t q y
& ainfi faire la mefine chofe pour 3/8C autres de front fuiuant
que vous en aurez de befoin.
Vous allez voir fur la Planche qui fuit que le moyen de faire
vn tel treillis perfpeclif fur vn Tableau plat-fonds que l'on
defire qu'il paroiile à l'Oeil du regardant vertical ou a plomb
fur l'horifon eft le mefme que de celuy-cy.
En la Planche fuiuanre eft reprefenté que la manière défaire
ces efchelles de front & fuyantes fur vn Tableau plat & incliné
vers l'Oeil du regardant, eft ainfi que celle- cy.
Plan-
Pour fairr /Ec/ie/U fuyante' ci TrcitJto-
Per\rf'cctrf^Kfiir vn ThMeau p/cit ri rttliait
Planche 9. 49
SVr cette Planche il vous eft reprefenté en perfpediue la
forme &ponion d'vne petite chambre , galerie ou cabinet
& par ainfi le plan d'afliette N M R V , où eft feitué le regardant
A O puis les deux murs ou collez & le fonds ou pied droict V
Cg M, & finalement (on plancher ou plat fonds £cd&, fur lequel
piat- fonds il elt fuppofé qu'on vueille reprefenter cette feneftre
ou porte en arcade que j'ay fuppofée eftre efleuée a plomb fur
ladefront£ e c ou bazedudit Tableau plat-fonds gcdb derriè-
re luy.
Ayant donc deflèin de faire vn treillis perfpectif fur vn tel
Tableau plat fonds afin qu'il fatle l'efrect que j'ay dit.
Il faut tout premièrement déterminer le lieu d'où on Veut
regarder ladite furface, autrement la pofition ou lcituation de
l'Oeil , puisladiftance, & pour ce faire .uppolez que la figure
A O foit àplombiurlepland'afïïettcou plancher NMRV.
Puis ayant efleué du point de l'Oeil O vne ligne à plomb O
e f tant qu'elle rencontre ledit plat tonds ou Tableau gcdb
comme au point ^"&dudit point /mener vne droite de fiont Z
f X paraleîle a la de front ou baie g e c.
Lors il faudra mefurer combien ladite ligne O /contient de
pieds , alors par ce moyen vous ferez l'efchelle fuyante comme
il a efté expliqué en la Planche précédente & comme vous la
voyez tracée au cofré duditplat fonds comme au triangle g C
Z &cg n Z & les fix parties delà diftance contenue dans l'inter-
uale Z C , & des autres droites pointées qui vont au point C.
Celaeftantfaic il ne vous refteia qu'a mener les defront par
les diuifions perfpectiues fuyantes , paralelles a leur de front
fondamenrale gec, & par les pieds ou diuifions de cette de
front gec mener des fuyantes au point de veuè'/", & par ce
moyen vous aurez fait voftre treillis ou carrelage perlpecïif fur
lequel vous pouuez defléigner quelle figure ou hiftoire que
voudrez fuiuant & conformément au petit Tableau modelle
fait pour cela.
l'ay placé furie treillis dudit Tableau plat- fonds à peu près
la forme de ladite porte ou feneftre fuiuant le treillis geome-
tral pointé , afin de donner à entendre qu'eftant faite de la for-
te !ur ledit plat-fonds elle y doitpareftre à l'Oeil du regardant
de la mefme façon que celle tracée fur le treillis geometraî
pointé.
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Pour couper perwpectuierrwnt par l&r profit?.
î&r ExscneU&s juifani&r xSur àtuenr Tableaux
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Planche ii. ;i
PAr ce qui eft reprefente en cette Planche vous deuez voir
que la ligne A B reprefente le profil d'vn plan d'afliette du
Tableau vertical E/ M, lequel Tableau eft perpendiculaire au-
dicplan. Celuy C G d'vn en plat ronds. Celuy C H d'vn incliné
& plat , & celuy C N I d'vn en courbure ou voûte cylindrique;
Et finalement la ligne courbée CKL reprefente vn Tableau
dont la iurface eft courbée irrégulièrement comme vn rocher,
& de plus que la ligne C D laquelle eft diuifée en fept parties
égales eft en cette rencontre le profil du plan d'afliette des
profils deldits Tableaux CG, CH, CNI, & CKL.
Mon intention eftque O point de l'Oeil du regardant AO
& tous ces profils de Tableaux & de plans d'amette , enlêmble
toutes ces lignes pointées qui vont des diuifions defdits plans
aboutir audit Oeil O en vnmeimepoint & la pointée O G H I L
doiuent eftre entendues ou conceué's dans vn melme plan ou
coupe.
De plus que les coupes ou interfe&ions que font cefdites
fuyantes pointées fur ces diuers profils de Tableaux font les
points perfpe&tfs que l'on defire trouuer lur iceux félon le
rayonnement delaveue & leurs (cituations.
De forte que fi onpouuoitauoir vnc furfaceplatteauffi gran-
de que le lieu où on eft obligé de trauailler & enauoirles gran-
deurs des profils précis on pourroit fur icelle tracer par ce
moyen les elchelles fuyantes pour puis après les raporter fur le
Tableau, ainii que j'efpere faire voir en (on lieu.
Et faut bien noter que comme la ligne Of F profil du plan de
l'Oeil eftparalelleàfonplan d'afliette BEA dernefmeO G H I
L le doit eftre au plan d aflîette C û & que la diftance de l'Oeil
O au Tableau C GeftO Gdemeûneàceluy C H, CNI, CKL.
la diftance eft OH, O I, O L & auflî O /eft la diftance de
l'Oeil au Tableau vertical E/M& A O fon elleuation para-
lelle audit Tableau E/M.
le diray pour ceux qui ne font pas beaucoup verfez à
réduire proportionnellement que n'ayant pas vn lieu afiez
grand pour faire ce que deflus en diminuant toutes ces lignes
ou grandeurs de la moitié , il leur fuffirad'vn lieu plus petit de
moitié, & alors qu'ils voudront tranfporter l'eichelle fuyante
fur fon lieu natutelil n'y auroitqu'ày mettre deilusdeux par-
ties ou pieds fuyants perfpectifs pour vn.
G ij
fi Planche il.
POur derechef faire voir qu'encore qu'vn Tableau foir fcL
tué d'vne autre façon deuant l'Oeil du regardant que le
vertical dont nous auons parlé , il ne faut ainli qu'il a elfe dit
qu'à bien entendre ou comprendre ce que l'on lait & la raifon
pourquoy , aufli-toft l'efprit & l'imagination découure que la
différence eft ii peu de chofe que cela ne mérite pas le parler ou
du moins d'en faire diftmclion.
Pour exemple coniiderez encore cette Planche en tournant
ce Liure ainiî que vous auez fait cy deuant pour ia troifiefme
Plâche, de forte que la ligne a plomb K^ L vousfok vne de front
vous remarquerez aulli-toft a la veue* que la ligne FOy re-
prefente la hauteur du regardant dont O eft l'Oeil, laquelle
F O&auflile Ta.hleau.gcdb font icy perpendiculaires au pian
d'affiette KLMM qu'vne partie dudit plan d'aflïecte fuppolé
derierele Tableau eft carrelé de 9 carrez fuyants & de 6 de front
égaux à ceux delà baze du Tableau^ ec , & de plus que l'inter-
uale du point O Oeil dudit regardant au point de veue /eft la
diftance,dont s'enfuit que la ligne fuyante ef du Tableau fe
peut diuiùrr ou couper per.'peétiuement fuiuant le moyen pré-
cèdent fi l'on tire des lignes parles diuilïons 1,2, 5, 4, ;, 6,&c.
qui font fur la geometrale e 4 H au point de veue O comme de
celle 3« Oqui coupe la fuyante e /au point».
De lotte qu'ayant cette fuyante c/amiî diuifée au Tableau
l'on n'a pius qu'a mener par ces diuilïons des droiétes paralelles
entr'elles Se à leur de front fondamentale^ec, comme celles p
q, rs,tu, & autres; Et en fuite des diuilïons qui font fur la-
dite de front g e c mener des droittes fuyantes au point de
veue/ par ainfi vous aurez fait fur ce Tableau les carrez ou treil-
lis perlpeelrif. des geometraux qui font furie pland'ailïette.
Apres cecy entendu en remettant voftre Liure deuant vos yeux à
voftre ordinaire, enlbrtequeladroicte P Q^foit voftre de Iront
vous ne trouuerez autre différence quoy que ledit Tableau ioit
fuppofé plat tond; linon que A eft en cette poiïrion les pieds
du regardant A O polèz fur vn autre plan d'affiette ou plancher
& que la hauteur du regardant eft moindre que celle F O que
voyez cy deuant, & que l'Oeil O n'a point changé de polïuon
&que O F eftlad.ftance pour faire le pecic Tableau modelle &
F ion point de veue.
g
I î\ P&rcotiper par profit pour vn Tabtcaii b
. \ plat etjru/im'tafùyarTte ef.
Planche i(. J5
Ar cette Planche vous verrez qu'il n'y aucune différence de
tracer fur vn Tableau plat incliné les efchelles de front &
fuvantes que lur les précédents.
Iectoydonc fans le vous dire dauantageque par la veuëdes
exemples cy-deuant & des iettres qui leur ietuent de cottes
vous pouuez reconnoiftre icy la forme 3c feituation du Ta-
bl.au , Se vue bonne partie des autres particuiantez.
Toutefois pour vn plus grand éclaircillèment je vous diray
encore qu'icy ia ligne F e Hcft perpendiculaire à celle A B, que
la portion e H ciiuifée en 13. parties égales eft le profil du carre-
lageouobjjtoucommej'ay dit du piand'ailictte , que la ligne
pointée O/iuy eft paralelle, que l'interuale du point O au point
f ceft. la diftancede l'Oeil du regardant audit Tableau & A O
l'elkuation dudit Oeil à plomb fur la ligne A B. Et de plus
qu'en tournant encore voftre Liure comme cy-deuant , de lot-
te que la ligne B Y e H ou celle N g 13. vousfoit de front, & que
la pointée F O Ibit le regardant Se l'interuale e H le plan d'ail
iiette & O/ia ligne du plan de l'Oeil, toute la différence qu'il
yauroiteit en l'inclination du Tableau Se en la dation & clle-
uation de l'oeil du regardant A O.
Souuenez-vousquelesdeux Planches qui précèdent celles-
cy & celle qui fuit n'ont efté mifes à autre dellein que pour
vous faire connoiftre que l'on peut couper l'efchelle fuyante
par le moyen des profils en fubftituant toufiours derrière le Ta-
bleau commeen cette Planchela droidFe verticale ou à plomb
e H diuilée d'vn pareil nombre de parties égales que vous
auez de treillis ou carrez faits fur voftre petit Tableau modelle
&desdiuifions de cette pointée à plomb mener des lignes au
point de l'Oeil du regardant & par ainfi elles couperont la ligne
ef qui elt dans vnmeime pian que toutes ces autres & icy per-
pendiculaire a la conduite de front ou baze du Tableau gec.
La Planche qui fuit eft la représentation d'vn treillis peifpe-
ctlf fîiit fur vue voûte cylindrique & en fuite d'elle vous verrez
commelors que le point de veue nefe trouue point dans l'en-
clos d'iceux ny fur vn mefme plan, il faut auoir recouts pour
y tracer ledit carrelage ou treillis à Yii autre moyen, neaatmoins
très-facile comme vous verrez.
G iii
J4 PlANCHB 14.
LA differance de tracer ce treillisperlpec'tif fur cette furfaee
ou Tableau d'auec ceux de cy-deuantn'eit autre finon que
laformedecetuy-cy eft courbe en va fens, &piat en vn autre.
Les lignes qui font menées par les diuifions de la baze du
Tableau ou fondamentale de front^e c au point de veue /nom-
mées fuyantes doiuent luiure la courbure de ladire voûte &
par conlequent cela ne le peut faire à la reigle mais bien les de
front p q,r Sytu &fuiuantes.
Il le peut rencontrer diuerfes fortes de furfaces courbes ou
autrement où la mefme chofe ne fe peut faire à caufe de leurs
irregulantez, c'eftpourquoy il faut recourir à vn moyen vni-
uerièl duquel ie peu que je diray icy pourra donner vilée aux
intelligens pour les autres rencontres en attendant le lieu cy-
apresoùle tout iera expliqué plus amplement.
Voulant donc tracer par le moyen des trois Planches de cy-
deuant vne elchelle fuyante fur vne voûte de la forme de celle-cy .
Confiderez premièrement le profil de cetee petite figure
deuxielme quiparoiit comme efloignée perfpedriuement a la
grande , afin de ne la point tant embrouiller de lignes jpuis figu-
rez-vous qu'ayant vne furfaee ou lieu plat de grandeur fuffi-
fante a y tracer en grand le profil e rf d'vne partie de la voûte
& de fon pied droicl comme/», & en fuite la feituation de
l'Oeil O du regardant en fuite que vous euiîîez efleué vne ligne
e h à plomb fumant ledit pied droict b e & qu'elle fuit diuilée en
autant de parties égales que vous auriez de treillis ou carreaux
fuyansàreprefènter fur ladite voûte en menant de toutes fes di-
uifions des droictes au point de l'Oeil O elles auroient coupé
ou diuifé le profil efàt ladite voûte perfpectiuement, lefquelles
parties transportées ainfi fur ledit profil où vous deuez trauail-
ler il n'y auroit plus qu'à mener par ces diuifions des de front
paralelles à voftre baze du Tableau , ce qu'eftant fait.
Il faudra y tracer les fuyantes comme g m n f, il^l f & autres
defquelles n'efc befoin d'y en tracer que deux pour faire en fuite
toutes les autres.
Ayant donc attaché au point de veue / & aux deux diuifions g i
de la baze du Tableau £ eedeux ficelles chacune en ligne droites
commeg /"&î/lors ayant mislalumiere d'vne chandelle, lam-
pe ou flambeau au point de l'Oeil O ou en vn quelconque en-
droit fur la ligne à plomb O/ les deux ficelles vous donneront
leurs ombres fur ladite voûte comme gmnf&ihlf. La Plan-
che qui fuit acheuera le refte.
Planche ïj. jf
PAr cette Planche je fuppofe que vous ayez coupé le profil £
L M , de cette voûte ou la fuyante exf par le moyen cy-
deuant die es Planches 11, iz, 15, 14 , & par conlequent mené à
la règle ou tringle au filet ou cordeau blanchypar les diuifîons
des droictes de front f q,r s ,t u , & autres paralelles à la fonda-
mentale de front gee.
Vous n'aurez plus ayant voftre de front ou baze du Tableau
gec diuiféeenvn pareil nombre de pieds ou parties qu'aurez
voulu toutefois égaux ou de mefme grandeur que ceux qui ont
feruy à couper perfpe&iuement le profil de ladite voûte qu'à
mener par ces diuifîons des fuyantes au point de veuè'/.
Pour cet effet attachez ainfî quedeuant deux ficelles ou telle
autre chofe qui ne foit fujette à Ce deftendre ou lafeher du
moins de quelque temps à deux de ces diuifîons comme g fyif
bien tendues en lignes droidtes, puis mettant vne chandelle ou
lampe allumée en vn quelconqueendroidr de la ligne pointée à
plomb oef lefdites deux ficelles gf, f'/ferontles deux ombres
ou fuyantes couibes gprtf & ill> /que vous tracerez ainfi fur
ladite voûte precifement comme il a efté dit cy-deuant.
Auti ement comme à voftte droicte ayant ainfï attaché enco-
re deux autres ficelles /»/»/,& d'autres precifement en vn
quelconque lieu fur la ligne pointée ou ficelle à plomb 0 e f &
continuans lefdits filets comme ceux Oz, 03,#.f,Oj,v£&
autres tant qu'ils aillent toucher ladite voûte & bailer en mef-
me temps lefdites ficelles fuyantes fans qu'aucune d'elles per-
dent leurs lignes droi&es, vous marquerez par ce moyen tant de
points que voudrez fur ladite voûte, & par ces points vous y
mènerez des lignes fuyantes courbes adoucies.
La mefme chofe fe peut faire aurti en mirant ou borneyant
toufiours dans ce mefme plan Oj e xfn àmefurequ'vne autre
perfonnetafte auecvnbafton les endroitts que lefdites ficelles
fuyantes couurent de ladite voûte à voftre Oeil O.
Et pour mener les autres fuyantes fur vne telle fu rface comme
celles 6, 7, 8,9,&autres,iln'yaqu'à prendre les pieds de front
contenus dans l'vnoul'autre de ces triangles ou fuyantes cour-
bes & les mettre autant de fois que vous en aurez befoin fur
chacune de front de fon alignement ainfi qu'aux de front^ i,à
i, 6 , p l, à , 1 7, r u à u 8, t \ à ^ 9, & ainfi des autres ,& par ces
diuifîons 6,7,8,9, mener vne fuyante adoucie 67 8/, &: par ainfi voftre
treillis perfpe&if fera fait &C preft à y defleigner deitus les objets du petit Ta-
bleau modelle fuiuant fon petit treillis geometial ou e'gal.
$4 Planche i5.
Vfques à prefent nous n'auons tracé aucune efchelle de front
& fuyante que fur des Tableaux où le point de veué'/ne fuft
dans le Tableau àlareferuede la Pianche précédente, où ayant
fuppofé l'efchelle fuyante coupée par le moyen des profils du
plan d'affiette & d'vne fuyante , j'ay donné celuy de tracer les de
iront & fuyante fur ladite voûte.
Mais maintenant il s'agit de fçauoir encore couper lefdites
fuyantes pat noftre manière vniuerfèlle pour en fuite & enlem-
ble les de front, les tracer iur toutes fortes de lurfaces où ledit
point de veuë/ne les rencontre ou ne s'y trouue point ainfi
qu'en cette Planche où ce point de veue/ne s'eft point trouué
dans le Tableau incliné gc d b.
Ainfi ayant à tracer fur vn rel Tableau le treillis perfpeclif dont
eft queftion & déterminé le lieu du regardant ÂO puis efleué
dupointO vneligue verticale ou aplomb tant qu'elle rencon-
tre vn quelconque corps ou furface qui larrefte, lors ce point
de rencontre y fera celuy de veué pour faire ce grand treillis
perfpe&if& la pointée O /Tadiftance.
Orpourlepecit Tableau modelle, F eft ^on point deveuë&
OF fa difhnce, &c'eft dont il Te faut fouuenir afin de nepren-
dre l'vn pour l'autre.
Cela cftant vous conceurezque s'il y auoit trois ficelles ten-
dues chacune en ligne droite du point de veué f aux deux ex-
tremitez , & au milieu delà baze du Tableau comme les droi-
tes gf, ef cf, & que vous e u fll . z mis comm/ '1 a efté expliqué
es Planches 14, & ij-, vue chandellcen vn quelconque endroits
delà diftanec O /ou par le borneyementou filets, vous auriez
tracé (ur ledit Tableau incliné les fuyantes pointées grf, emf,
Et de plus fi vous auiez eu les 9, diuifions de l'efchelle fuyante
marquées fur la ficelle ef vous y auriez auffi trouué fur la poin-
tée e m parce m -fine moyen leur place perlpecliue comme il
fera dit en la Planche qui fuit.
Vous içaurez auffi que pour auoir de telles lignes fuyantes
g r f furvn Tableau pla* il ne faut qu'y trouucrvn point com-
me u par le moyen du filet Ou qui raze le filet gf Se par les
points g h mener la droidte gttr. qui repond à la ficelle gf&
ainfi des autres,
Planche
v6
u- tniirit <\- iv//? fn.'^v tsvu/u '.poimt
Airi.r A' n£//i ?u 7à/>fi\ue .
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Planche if. fr
VOus deuez connoiftre que ce qui eft tracé en la figure d'cn-
hautde cette Planchen'cftquelamefmcdecy-deuantà la
referue que j'y ay ajoufté vn profil perfpe&if d'vne \outegp b ^
& ekd x derrière le Tableau plat incliné gcd bfSc que pour la
petiteife de la Planche j'en retranche icy la hauteur du regardant
O&aufTi deux ficelles puis qu'il iuffit d'?ne à prefent qui eft ef
que jefuppofeicy bien tendue en ligne droite & perpendicu-
laire à la baze du Tableau ge c & fermement attachée aux points
e&cf.
Cela eftant il faudra s'eftre pourueu d'vn lieu plat & vny de
grandeur à contenir l'interuale de cette ligne ou ficelle* fi
moins quel'onnevouluft la réduire en petit proportionnelle-
ment , auquel cas il faut eftre d'autant plus exaâ: en l'opération.
Donc pour couper certe grandeur ouinteruale e f fur ce lieu
plat comme en cette Planche figure d'embas,
Menez à la règle vne droicte E V, & fur icelle en tel endroict
que voudrez vne autre droifte F C qui luy foit perpendiculaire
puis tranfporrez fur cette F C l'interuale ou grandeur au jufte
de la ficelle ef comme de F en C ,& par ce point C menez la
ligne Z C X paralelleà E V, cela fait voyez ou contez en haut
combien il y a de pieds ou parties fur la ligne pointée O/.
Puisouurez voftre compas d'vne grandeur à volonté & por-
tez cette grandeur ainfi 8 , fois fur la ligne Z C X en commen-
çant au point C, & finifTant à H , puis gardant cette mefme ou-
uerturede compas ou de la quelconque defdites 8, parties dudic
interuale C H,rranfportezlafurladefront E V comme de F en
n puis dudit point n menez vne droifte au point C , lors du
point F menez vne autre droi&e pointée au point H , & par le '
point rouelle a coupé ladroic~te»C menez vne de front 2, t
paralelleà E V ou à F* & du point 1 au point H menez vne
autre droi&e pointée 1 H , & derechef menez la de front j, 4, &
ainfidureftecommeilaefté dit es deux Planches 8 & 10, &tres-
amplement & de diuerfes façons dans mon premier Liure.
Lors vous n'aurez qu'à tranfporter les parties fuyantes qui
font fur la ligne F C deffus la ficelle ef tendue droitte & les mai-,
queraueede l'ancre ou telle autre choie.
La Planche qui fuit vous expliquera le refte,
H
jt Planche iJ.
AYanttranfporté fur la ficelle ef figure d'enhautle nombre
des parties ou pieds fuyants voicy deux ou trois moyens
pour les tracer fur voftre Tableau incliné gcdb.
L'vn ayant enfilé ou appliqué aux endroicls des diuifions de
la ficelle droicte ef des petites patenoitres ou boulettes de cire
6: en fuite mis la lumière d'vne chandelle precifement en la
place du point de veuè' O par ce moyen les ombres de ces bou-
lettes & celle de la ficelle e /iront fe placer fur ledit Tableau
comme aux points i, 2, 3, 4, $■, 6, 7, ainfî que les droictes poin-
tées O 1, O 2, O 3, 0 4, & autres vous montrent.
Le deuxiefme moyen efteftant deux perfonnes que l'vne euft
Ion Oeil au point O & qu'elle miraft ou borneyaftfi celuy qui
luy cherche auec vn baiton ou telle autre chofe vn peu pointue
luy montre bien l'endroit fur le Tableau que chaque boulette
luy couure à l'Oeil &ainfi la marquer.
Le dernier moyen eit par les filets ainfi qu'il a efté expliqué
en la if, Planche pour tracer les fuyantes fur vne voûte, mais
pourl'occafion prefenre, il faut ofter les boulettes afin que le
filet que l'on conduira toufiours du point d'oeil O en ligne
droic"te iufques àlafurfaceou Tableau touche ou baife de plus
prés les diuifions d'ancre marquées fur la ficelle r /pour les mar-
quer plus precifement fur ledit Tableau.
La figure d'embas vous reprefente Yn Tableau courbe ou en
voûte gcdb fadifrance Of pour faire fon efchelle fuyante ef.
Et de plus la diftance O F & le point de vcue F pour faire les
efchelles fuyante & de front du petit Tableau modelle & parleur
moyen fes objets.
Cette figure vous montre auiîî comme par ces filets Oi, Oi,
O 5, O 4, & autres continuez en ligne droite iufques a la vou -
te en touchant chacune des diuifions ou marques de la ficelle ef
fans leur faire perdre à aucunes leurs lignes droi&es vous aurez
tracé fur ladite voûte la fuyante courbe e 1,1,3,4, ;, 6, 7, /la-
quelle s 'y peut faire auiTi parles autres moyens cy- delfus.
Cesfuyantes e 7 m f eltant faites figure d'enhauc & d'embas e 7 f 8c
leurs diuifions, vous n'aurez plus qu'à mener par ces diuifions desdroi&es
de front paralelles à la baze du Tableau g ec, cequ'eltant vous aurez fait
voftre treillis perfpe&if preft à y defleigner deffus carré pour carré, ce qui
fera fous les carrez ou petit pied de voftre Tableau modelle ainfi que vous
pouu-ez YOir aux Planches 6, 7, ?, Se en la 14, le treillis fur la vouce.
Po'irxtçL-r-.rt/f vn Tàéùtutplat etinoune
ettAtf l'n en fC'u/c. &S7 <tùt*ftd/kf
fùntpêetute* » '«/ lignas ou poeUes, cf.
Planche 19. /?
D Ans cette Planche figure d'enhaut eftreprefentc vn mur
vertical qui fait vn angle rentrant ou enfoncé, & eu bas va
(aillant ou auanec.
Voulant reprefenter fur iceux vn Tableau vertical & plat con -
forme en fon grand comme le modellc en petit , faut considé-
rer qu'encore que ces angles rentrant & (aillant ainfi, toulionrs
leurs eileuations font icyconfiderez à plomb ou perpendiculai-
rement fur le plan où eiî feitué ouplacéle regardant, ou pic-
quet A O.
Etainii que la diftance du petit Tableau modelle pour ces for-
tes de Tableaux & fon efleuation d'Oeil eft ceile d'enhaut O F
&d'embasOf & l'etleuation d'oeil A 0,& qu'il ne faut penfer
à ces diltances & efleuations d'Oeil que pour faire le Tableau
modelle, lequel eftant treiilillé ou dmife de carrez égaux il ne
faudra que trouuer fuiuantla polîtiond'vn pareil treillis çrand
eipofé deuant ladite furface, l'ombre d'iceluy fur ces furfaces.
Donc pour y conceuoir d'abord vn tel treillis figurez vous
que la ligne E V baze du Tableau foitdiuifée en 6, pieds ou par-
ties égales que les coins du mur ou montans du Tableau E z
& VXlefoientauflî comme Ecdz & V efg X , &que par ces
diuifions il y ait des ficelles tendues droidtes & de front , puis
d'autres à plomb ou perpendiculaires fur les diuifions z, 3, 4, j,
6, lors vous aurez fait vn treillis geometral derelief deuant la-
dite furface, & pour le tracer perfpectif fur icelle vous n'aurez
qu'à mettre vne chandelle ou telle lumière aii point d'oeil O Se
les ombres que ce treillis de ficelles fera fur lefdits angles feront
le treillis perfpeétif dont vous auez befoin.
Le mefme pouuez vous taire par les filets & leborneyemenr.
Or far de relies furfaces verticales 8c plâtres ouvnies.il n'eil pas necef-
faire de conflruirc entr' eux &£ l'Oeil O va pareil nombie de treillis geome-
traux qu'en peut auoir le petit modelle , il fuffit d' vne couple 1' vn fur l'autre,
fur tout lors que les angles A T E, A T V font égaux de part 8c d'autre : C*r
ayant tracé vn codé comme figure d'embas par le moyen des deux filets O
p fe Se O qc, ayant mené vne droicle à plomb par les i points b c, il faudra
porter fur icelle cette interuale bc autant de fois qu'il fera befoin , puis
ayant diuifé l'arrefte à plomb 5 1 ''.par le moyen des interuales égales 5 r, r s,
s t ,&C autres puis tracé fur ledit collé d'angle les lignes pointées b t,, c r, d s,
et Se fumantes , puis menez vne droiéte du point A pied du regardant à la
di-iilîon 1, iufques au pied du mur 0 Se en efleuant dudit point 0 la droicreà
plomb 0 n vous aurez fait le treillis du collé b h dudit angle faillant; l'autr-
coflé eftant égal il n'y aura qu'à y tranfporter ces mefmes diuifions ou car-
rez , ou bien ii il nel'eftpas menant dudit point A des droiftes aux autres-
diuilions 4,^, 5,7,6c continuées iufques au bas dudit mur il faudra efleuerles
pointées à plomb. H ij
éo PUNCH! ZQ.
ENcore que cette figure ne foit point ombrée ou ombragée,
jecroy que vousnelaiffezpas de voir que c'eft comme la
reprefentation d'vne partie d'vn veftibule voûté en arrefte ou
Ogiue , & que les pieds droitts de ladite voûte font courbes ainfi
qu'vne niche ou dedans d'vne tour.
De plus que les 4 lignes, règles ou ficellesg cdb font icy ten-
dues pour trouuer vne grandeur de Tableau fur ladire voûte -, Et
en fuite les diuifions perfpe&iues fuyantes rrouuées comme
cy-deuant & tranfportées fur la ficelle ef-, Enfemble les ficelles
defronto^, rpy mn> tendues fur ces diuifions fuyantes & atta-
chées aux montans£^,c^, & le tout dans vn mefme plan ou
coupe.
Or pour tracer toutes ces ficelles de front & autres fur cette
forte de voûte, il faut comme cy-deuant mettre vne lumière au
point O , & ainfi elles marqueront leurs ombres fur icelle , ou fi
vous voulez par lemirement ou bourneyement ou par ficelles
commela figure vous montre & les pointées courbes stn^
i xy z, tirées pour les de fcont o q,mn.
Or cet exemple de faire vn treillis perfpeclit fur vne telle
vouteequipoleàceque j'ay dit de le faire fur vn rocher fibefoin
eftoit.
Refte à vous faire entendre ce qui eft du pied droi£l de cette
partie de voûte, lequel fe prefente deuant l'œil O comme le
dedans d'vne tour qui eft la mefme choie que l'angle rentrant
de çy-deuant,
le fùppofe donc que l'on vouluft faire fur vn tel pied droidl:
vn Tableau qui paruft plat & vertical veu d'vne telle diftance O
h & eileuation d'oeil A O ce qui feroit les conditions pour faire
le petit Tableau modelle , lequel fait & diuifé de carreaux ou
petits pieds geometraux, il faudroir diuifer la droiéte E V baze
du Tableau en mefme nombre de parties que celle dudit mo-
delle, puis faire comme cy-deuant le treillis de ficelles ou telles
autres chofes comme les à plomb EBD F, 2*,î&, 4^, V CH G,
& de front B C , D H , F G , & par la lumière mife au point O
ou par des filets attachez au picquet au point O ou aullï pat le
borneyement, & ainfi vous ferez de quelle manière que vou-
drez ledit treillis courbe d'vn fens& droid de l'autre qui eft le
mefme des voûtes, puis qu'vne tour eft vne voûte debout & vne
voûte ou berceau vne tour couchée.
Planche 11. 61
VOus voyez en cette Planche figure d'enhaut vne furface
comme d'vne tour régulière, &> en bas vne régulière en
Ton tournant & vne irreguliere en lbn a plomb.
Si vous auiez volonté de reprefenter fur dépareilles furfaces
vn Tableau & objets vifibles comme eft dit cy-deuant , de forte
que les lignes E V figure d'enhaut &. d'embas , fu fient entendues
les bazes dudit Tableau, il n'y auroit comme cy-deuant qu'à
conftruire vn treillis ou parties d'iceluy perpendiculaire fur lef-
dites bazes.
Les .6, droites pointée figure d'enhaut & d'embas qui du
point A pied du regardant A O vont palier par les diuifîons déf-
aites bazes E Vjutques au pied defdites tours ou furfaces com-
meaux points 7, 8,9, 10, 11, montrent quepour y tracer deffus
les ombres ou places des montans du treillis expofez deuant
icelles qu'il n'y aqu'àefleuer des droitlesàplomb ou paraielles
entr'elles de fes points comme celles 7 0, 8 e, 3g, 9 t , 10 x, n z.
Maintenant pour tracer fur icelles les de front pry qs , & au-
tres, fi l'on ne veut fe feruir de la lumière en la mettant au point
O, il faut auoir recours à trouuerdiuers points premièrement
ceux où le croifent les ficelles du treillis ÈcdV figure d'embas
comme aux endroidts Epq, i i h , & autres pris fur lefdites lignes
comme en la Planche cy-deuant.
Sur de telles furfaces il fuffit d'auoir pour chaque ligne à
plomb comme 7,0 figure d'embas l'interuale mn qui eft celle
qui vient du point Opafler par les points/» q donner cette inter-
uale »? » & la porter autant de fois que l'on en a befoin fur ladite
ligne 7 , 0 comme de n en 0 , & ainfi des endroi&s i h pour la
pointée aplomb Se & de mefme des autres qui font contenus
entre les ficelles de front pr , qs. & ainfi vous aurez fait voflre
treillis perfpcctif fur ladite furface pour y reprefenter deflusles
objets qui font defïeignez & peints fur voflre Tableau modelle
&aufli treilliffégeometralement d'vn pareil nombre que ce luy-
cy; je vous répète encore que O/ eft la diftance dudit Tableau
modelle, A O fon efleuation d'oeil & par confequent / le poinf
de veue d'iceluy.
La Figure ou Tour d'enhaut eftant e'gale de part & d'autre , il ne faut pour
ledit treillis qu'en faire vne moitié ainlî que des angles de cy-deuant.
Pour les Tableaux verticaux de biais chacun doit voir parles figures def-
dites angles delà Planche 10. que c'elUa mefnie chofe puis que les collez
d'iceux font de tels Tableaux de biais. H iij
6t PUNCHt li]
Sur ce que la manière de faire la représentation eu perfpetiiue
d'vnou de flufieurs objets veiis de bat en haut ou de haut en
bas , nommée horizontalement la mefme que d'en faire vne ver -
ticale.
LOrs que l'on reprefentc furvn treillis perfpedif fait furie
plan d'afliette des objets perpendiculaires ou inclinez au-
dit plan plus ou moins proches de la bazed'vn Tableau vertical
l'on trouue par le moyen de ladite de front ou baze & de la fon-
damentale fuyante perfpe&iue à droidt&à gauche la place de
leurs afliettes ou plans perfpe&ifs , enfembleau deflus & au def-
fousduditplan d'afliette leurs efleuations.
S'ilferencontroit occafionde reprefenter dans ou deflus vn
tel Tableau vertical comme en cette Planche vne muraille à
plomb eiloignée de 9, pieds de fa baze E V & que fur ladite
muraille les objets A, B, C, D, y fanent attachez perpendicu-
lairement ou autrement comme vn clou ou telle autre choie
contre vn mut , & aufli y déterminer leurs ombres , ceux qui
fontvn peu verfez en la pratique de la peripectiue ne trouue-
roient pas cela difficile.
Toutefois il y en a que leur preferiuant de reprefenter ces
mefmes objetspoureftreYeusdehautenbas ou de bas en haut
ou horizontalement ils s'y trouueroienr empefehez.
Donc pour faire voir que ce n'eft pas entendre cette pratique
quepenfer qu'il y ait différence de l'vne à l'autre.
le donne auis de cacher le treillis perfpec~tif EmV en regar-
dant la Planche ou ces objets de bas en haut ou de haut en bas
en forte que le rayon de voftreOeil tombe ou monte à plomb
furie point F, & fic'eft de haut en bas,confiderezque lafurfa-
ce où les objets A,B, C, D, fontpolèzeft comme vne court ou
place plate, ou fi de bas en haut quec'efl vn plat-fonds ou plan-
cher où ils font attachez & alors jugezJi il y doit auoir diffé-
rence quelconque en la pratique de faire l'vn que l'autre.
L'on peut de mefme fe figurer fans cacher ledit plan d'afliette
ou treillis perfpe&if le prendre en regardant de quelle force que
Ton voudra lefdits objets pour eftre vn mut ou furface qui fe
peut conceuoit tantoft reprefentée à l'œil de niueau & verticale-
ment.
La Planche qui fuit vous acheuera comme je croy , de confir-
mer ce que j'ay dit , en casque ne l'ayez encore entendu.
Ti-K//H\/iur /nvntnae Horiwnltite
22
Grtte fiçure w jvrt^tte pour
dBOMr ce <jtu a este dt?
en la PùuicAe <pu précède ■
Planche t]. *j
IE n'ay pas pu donner au regardant A O vne plus grande di-
ftance pour facilement embraifer d'vne Oeillade les objets
que vous voyez fuppofez , feituez & attachez fur vne muraille
deuantluyàcaufedelapetitefîede la Planche.
Or derechef vous jugez bien qu'vne perfonne comme le re-
gardant A O qui voyant des objets ainfi attachez ou fichez
dans vn pareil mur ou furface ou des feneftres ou trous creufez
fur icelle qui les confidereroit toufiours comme verticaux eu
égard à ce plan d'afîiette fut lequel il eft pofé, & que fi luyen
falloic faire la perfpediue de la (orteil ne la conceuroit que ver-
ticalle.
Par ainfi tournez s'il vous plaift vn peu ce Liure de forte que
ladroicteàplomb E T vous foit de front comme l'eft à pre-
fent EV, puis figurez vous feulement que l'oeil O eft feitué en
l'air , & qu'il regarde lefdits objets ABCDG de haut en bas
& que par ainfi fa pofition ou feituation ne changeant point ny
celle des objets il en aura toufiouis vne pareille fenfàtion , le
mefme encore en les regardant de bas en haut en tournant en-
core ce Liure de forte que la ligne V M 23, vous foit de front
comme vous eftoit ET & E V.
Iugez après cela fi j'ay raifon de dire qu'il ne faut point
pout faire telle chofe fur vn plat-fonds horizontal changer de
pratique ny en faire fi l'on ne veut de petit Tableau modelle
mais bien lots qu'il y aura occafion de trauailler fur des voû-
tes à plein ceintre furbaiffée régulière ou non pour faire en
forte qu'ils apparoiflent à l'Oeil horizontalement placé.
Si quelqu'vn doute encore fur cefujet il n'a qu'à voir ce qui
efteferit en mon premier Liure.
Venons à faire voir par figure ce qui a eftédit touchant le
vaiiement de la prunelle de l'œil en peignant fur le relief.
*4 Planche 14.
POur confiderer cette figure il faut tourner ce Liure en forte
que la baze N X vous foit de front & ainfi que les lettres
vous montrent.
Vous y voyez la ligne A O hauteur du regardant pofé à plomb
fur le plan d'affiette A H N Q P & le Tableau g cdb , & que les
lignes pointées A £ H , A P Q , O £ r , O d j V , qui embraf-
fent ce Tableau £ cdb > enfemble tout ce que ledit oeil O peut
voit en cette poution au delà ou au trauers d'iceluy fi c'eftoit
vn verre ou furtace mince & tranfparanre.
Mais mon but fur cefujet ne tend qu'à vousfaire enrendre la
raifon des coupes paralelles au Tableau touchant l'aflbiblille-
ment ou fortifiement de la couleur des corps ou objets ainfi
veus de front & fuyants .
Vous remarquerez donc que la petitefTe de cette Planche
m'a contraint à ne reprefenrerau de là dudit Tableau que trois
coupes plans ou fectionsen contant le Tableau pour vne.
La deuxiefme coupe eft H îsr, & latroifiefme NM VQ, &
que les deux inrerualles ///, font égaux chacun en la diftance
O/ de l'œil du regardant O.
Or dans mon premier Traité il eft dit qu'ayant à reprefenter
vne couleur fur ledit Tableau gcdby première coupe , (bit
claire, /bit brune, il la faut mettre de (a plus franche & forte
couleur fans aucun aliage ou meflange de la couleur de l'air
ou autre , ainfi qu'il conuient faire pour reprefenter de fem-
blables couleurs fur les objets qui font conceus reculez au der-
riete dudit Tableau ou coupe, d'autant que dans l'efpace ou
interualedu rayonnement ou diftance O/ de l'œil du regardant
au Tableau , il s'y trouue de l'air.
Mais ayant à reprefenter de tels objets colorez entre les efpa-
ces qui font fuppofées entre les coupes /// il faut y faire ce
meflauge ou aliage par le moyen expliqué en mon premier
Traite ou en celuy-cy, toutefois dans ledit premier cela y eft
amplement déduit.
le diray feulement icy que s'il falloir mettre vne telle couleur fur la coupe
H ! s f , il faudra l'affbiblir à comparaifon de la franche , claire ou brune
rnife fur la première coupe ou baze du Tableau.
Et lors qu'il s'agira d'exprimer vne couleur d'vn objet plus ou moins
fuvantou tournant , il faudra au mefme endroid defdites coupes & en leur
entre-deux pour peu que ces objets ou corps foient fuyants l'affoiblir plus
que d'vne pareille qui feroit fui vn objet de front.
Premiers
i
Jrg d <?/i//a/i/f .
Tlanche 2J. 61
Figure d'cnhaut quand l'oeil O regarde d'vne œillade vne
lurface plarte colorée expofée de front deuant iuy & per-
pendiculaire fur lepland'afuette,de tous ces rayons qui vonr fur
cette furface ou ces efpeces vers luy,il doit auoir la fenfation plus
forte de l'endroit ou point F rayon direct que deceux O i, Oj,
& autres.
Mais encore que l'œil reçoiue vne telle fenfation fi ne faut- il
pas conclure qu'il faille aftoiblir de la forte aux Tableaux plats
Se verticaux les parties colorées des objers quife rencontrent
dans vne mefme coupe de front. Ains au contraire il conuient
de les colorer de mefmeforce en toute leur eftendue.
Et pour preuue ayant fuppoféà prêtent que les deux furface»
plates figure d'cnhaut foient deux Tableaux colorez de mefme
force en toute leur eften du è',le regardant O en aura pareille fen-
fation que cy-deuant; ainfi l'on peut dire que cette diminution
de couleur fe fait au flt bien de l'œil 0,au Tableau qued'iceluy
au naturel ou relief.
Mais lors qu'il s'agiftde reprefenter fur vn Tableau plat des
furfaces plattes & autres objets colorez qui fe prefentent plus
ou moins de front ou fuyants à l'œil il faut en affoiblir ou forti-
fier auflî plus ou moins la couleur.
Or fur ce fujer je diray par comparaifon que fi vne baie effe
pouffce plus ou moins directement contre vne furface platte
elle fera beaucoup plus d'effort que fi elle eft poulfée de biais
vers vne furface platte ou tournante ou qu'elle la frife englif-
fant fans s'yarrefter.
Ainfi figure d'embas l'œil O aura vne plus forte fenfation de
la couleur du point F puis que cette baie ou rayon touche cet
endroit de furface platte perpendiculairement & de front que
non pas du rayon Or qui touche obliquement cette furface
fuyante r m Se encore moins du rayon O ».
Encore quela couleur du point m doit au relief ou naturel ap-
paroiftre à l'œil O plus foible que d'vne melme au point r
neantmoins pource qu'au Tableau le point m Si. r font en
mefme coupe il faut en faire la couleur égale.
*f Planche 16.
LA raifon de cy-deuant toochant la diminution de la cou-
leur des furfaces ou objets plats veiis de front d'auec ceux
vêtis fuyants plus ou moins, détermine celle des objets tournans
de quels fens ou coftez que ce foit.
pour exemple figure d'enhaut fi l'oeil auoit la faculté de pouf-
fer diuerfes baies fur vn objet rond comme la portion de bou-
le B celle qui la rencontretoit plus directement feroit plus d'ef-
fort contre cette boule B, &pour celles comme On, Os,Or,
qui ne font que friler ladite boule aux points», s, r , elles ne font
aucune imprefTton contr'elle.
Ainfi peut on dire que l'œil O aura la fenfation plus forte de
la couleur du point F, & ainfi à proportion moins forte des au-
tres comme Ot, 0«, Ox,8c d'autant plus des endroi&s tour-
nants & glifîànts nrs puis que le rayon de l'œil nes'yarrefte
point
Venons au fujet de la figure d'embas fur ce que la plufpart des
Peintres quoy qu'en haute réputation ne forcent pas allez
rafToibliflcincnt de la couleur de ces objets tournants & fuyants
en peignant ou colorant après le relief ou naturel.
Iefuppofeque l'œil O eft deftiné pour voir d'vne feule Oeil-
lade fans varier la prunelle ny d'vncofté ny d'autre cette ttfte
ou objet, & que le rayon O a rencontre perpendiculairement
l'endroit/» de cette tefte, & quefidudit Oeil en cette pofition il
en elToit forty comme celuy figure d'enhaut diuers rayons dont
quelques-vns rencontreroient les parties de cette tefte qui fè-
roient de front dans vne mefme coupe verticalle ou perpendi-
culaire de celle n & de mefme couleur , ces parties deuroient
auffi eftre traictces au Tableau de mefme force , comme
eftant de front j pour celles qui font fuyantes ou tournantes il
n'en eft pas de mefme ainfi qu'il a efté dit & fera encore cy-
apres expliqué.
Mais le principal de la faute eft que fi vous auiez mis le quel-
conque des deux yeux p ou q en la place de celuy O fans chan-
ger le rayon vifuel qu'ils ont comme f b ouqc , quenyl'vnny
l'autre neverroitla couleur de la partie a, de mefme force que
la voit celuy O & qu'ils pourroient auoir la fenfation plus forte
des parties plus eiloignées & plus tournantes ou fuyantes de
cette tefte que de celles qui en feroient plus proches fuiuam
quekrayonydonneroitplusou moins directement.
âa? 4? & œ L
SVrlcfujetdemon premier Traicl:é& des deux Planches cy-
deuant , je me trouue obligé de dire qu'en ayant conféré
auec des Sçauans en la Géométrie ; ils m'ont aduerty d'vne di-
lttndtion neceflàire lors qu'il s'agit de comparer la force des
touches & teinctes de deux objets inégalement efloignez du
Tableau.
Ce que j'expliqueray en cette forte à ceux qui ont vnpeu de
Géométrie ; Si vue piramide diaphane eft coupée à la moitié d»
fa hauteur pat vnplanparallelà fa baze,ce plan coupant formera
vne figure Lemblable a la baze de la piramide, laquelle figure
fera le quart de cette baze. Mais chaque ligne de la petire figure
fêta la moitié de chaque ligne correfpondante de la baze.
Maintenant h. on met vn luminaire au fommet de la pirami-
de , le mefme ordre de rayons illuminera ces deux furfaces pa-
rallèles, l'vne après l'autre , puis donc que dans la plus efloignée
vn mefme degré ouforce d'illumination prouenuë de meimes
rayons eft eftendu quatre fois dauantage que dans la plus pro-
che, qui n'eft que lequarr de l'autre comme nous venons de
dire; Il s'enfuit qu'en chaque porrion de la plus efloignée l'il-
lumination fera quatre fois plus foible que celle d'vne portion
égale de la plus proche. Mais encore qu'à la rigueur l'illumina-
tion ne îedoiueconfiderer que fur des furfaces, neantmoins fi
nous la voulons confîderer fur des lignes correfpondantes de
ces deux furfaces parallèles de noftre piramide lumineufe,
nous concluerons que fur les lignes delà furfàce plus efloignée,
l'illumination eft deux fois plus foible que fur les lignes de la
plus proche , pource que dans celles-là l'illumination eft deux
fois plus eftendue, car les lignes delà grande font doubles ,des
correfpondantes de la petite.
Cecy le peut confirmer par vne expérience que je déduiray
cy-apres; Et eft vrayaufli des autres qualitez du corps lumineux
comme de fa chaleur & autres.
Orfuppolantque la vifion fe fait comme l'illumination, &
que les rayons viennent des objets qui font pris icy comme de
nouueaux luminaires. Vers laquelle opinion je penche entière-
ment, fi nous mettons l'œil àla place du luminaire au fommec
de la pyramide dont nous venons de parler, par vn mefme dif-
«S
cours nous conclurons qu'vne portion de lafurface plus efioi-
gnée fairvne fenfationà 1 œil quatre fois moins forte qu'vne'
portion égale de la plus proche. Mais fîon confidere ces furfa-
ces comme eftanscompolées de lignes phyfiques & vifibles à
lafaçon deceuxdenoltreprofefiîon , onreuiendra toufiours au
meime but, car quoy qu'en noftre exemple les lignes de la
double diftance foient deux fois plus longues que leur corref-
pondanres de la première , tourefois les largeurs de celles là
eftantauffi doubles de celles desaurres , ces lignes feront de pe-
tites furfacesdont les plus elloignées feront aux plus proches
dans la raifbndes quarrezde leurs diftances , à laquelle raïkm
reuiendra réciproquement celle de leurs forces vifibles.
Dans mon premier Trai&é de Perfpectiue & dans celuy-cy,
ayant dererminé les rouches & teindtes des lignes de front, com-
me de lignes géométriques, je me fuis feruy de la raifon des
diltances ou des pieds de front rai fan t la deuxiefme de front deux
fois plus foible que la première ,1a troiiiefme trois fois, la qua-
trième quatre Fois , & ainfi de fuite.
Mais dans le difcours qui fuit fur la Planche 17, pour lesTheo -
riciens, nous nous fouirons de la railon des quarrez des diftan-
ces, pource qu'il s'agira des points vifibles qui font des peti-
tes furfaces tels que font tous les points phyfiques qui tombent
fouslesfens.
L'expérience que j'ay faite fur l'illumination eft qu'ayant al-
lumé vne melche d'vne lampe qui a quatre defdites mefches
toutes égales & leparées l'vne de l'autre & fur vne mefme li-
gne de front: Puis en fuite pris vn LÏHred'vn caractère ou let-
tre femblable à celuy-cy , err m'efloignant toufiours de ladite
lumière jufques à ce que mes yeux en regardant d'aifez prés
fufsét dans le degré mitoyen de ne pouuoir plus lire laditelettre;
lors nveftant encore efloigné de ce lieu en ligne droite d'vn in-
teruale égal à celuy de ladite lumière à ce premier où j'eftois, en
forte quecesdeuxpoflions ouinterualesdela lumière à ce pre-
mier &au fécond ruflent égaux ; Ayant fait allumer vne des
autres mefches de ladite lampe afin devoir fi ce double de lu-
mière feroit furfilànt a me faire voir aulTîdifbinétement en ce
dernier lieu qu'au premier je nele trouuay pas,ny mefme à trois;
Mais les ayant toutes quatre allumées alors mes yeux reçeu-
rentlamefine fenfarion de mon deuxiefme efloignement qu'ils
$iuoient eus du premier.
€9
Ceux qui délireront faire cette mefme expérience doiuenc
prendre garde qu'alors que l'on a trouué ce premier endroicT:
mitoyen de ne p'ouuoir plus lire ladite lettre , ou bien diftinguer
de quelle (brre de netteté l'on voir, il faut fermer ou clorre les
yeux quelque temps puis les ouurir & regarder , & aufii-toft aller
au fécond lieu &les refermer encore qu'il n'y ait que deux lu-
mières , puis de mefme vn peu agrès les r'ouurir , par ainfi l'on
verra que ce double de lumière ny trois ne fuffira pas , & qu'il
en faudra quatre ; finalement ces quatre eftans allumées , refer-
mez vos yeux & vous ramadèz bien dans l'imagination la forte
de vifion dupremierlieujlors les ouurans vous en aurez ou re-
ceurez vnelenlation pareille ainli que j'aydit.
Il y a vne difficulté a comparer les forces des couleurs , c'effc
quenousnelçauons poiiu le moyen de les diuifer par moitié,
tiers, ou quart , c'eltpourquoy dans lapratique celuy qui aura
l'adreire d'approcher le plus prés des proportions que nous
auons dit & dirons pour les touches & les teintes, reiïilïiale
mieux comme eftanc plus prés de la vetité.
Ayanteicrità Monfieur De/argues à Lyon où ileft à prefènt
depuis quelques années fur ce fujet de l'illumination & delavi-
fion , il m'aconuié de mettre en quelque lieu de ce Traité ce
qui fuit.
Quant à la règle de pratiqu e du fort ç$» foible qu'il a eu fa rai -
fon de la fonder fur la réciproque d'entre fes dtfiances ou pieds
de front & non de leurs qu.trrez ou de leurs folides , comme d'au-
tres peuuent faire ayant peut ejlre aujfi rai fon.
Iirj
•jo Planche 17.
ETpourvne plus ample explication; Soit en la Planche fui-
uantevne pyramide de rayons lumineux ou vifuels AB en
la figure première de cecte Planche 17, ou vn ordre de rayons
parallels en la deuxiefme figure , il eft euidenc en ces deux Figu-
res que le pian dont le profil eftCD qui fe prefente moins
obliquement ou moins de biais aux rayons AB, en receuca
«lauantage& fera plus efclairé ou veu plus fortement qu'vn au-
tre plan égal mais plus oblique dont le profil eft C E. De melme
quela luriace courbe CG lera plus fortement veuè'ou illumi-
née que la courbe égale G F qui eft plus oblique que la pre-
mière C G.
Aux Théoriciens.
Pour auoir la raifon de l'illumination ou delà vifion fur di-
uerfes furfaces planes ou courbes foient en la Figure $,les rayons
AB, AD, A F, venans de l'œil ou du corps lumineux A à di-
ftance finie -, l?s forces de la vifion ou de l'illumination fur les
points B, D, F, des furfaces planes B G, DH, FI feront iné-
gales pour deux raifons; la première à caufe de l'inégalité de
ces rayons AB, AD,AF; & la féconde , à caufe de leurs dif-
férentes inclinarions fur ces furfaces. Dans ces rayons faites les
portions A B, CD , EF égales entr'elles,& des points A.C, E,
Fur chacun de ces plans tirez les perpendiculaires AG, CH, E I,
qui feront les finus des angles d'inclination A B G , C D H,
E F I , de chacun de ces rayons fur chacun de ces plans à caufe
de l'inégalité des rayons. La vifion ou l'illumination du point
B,eftàcelkdu point D, réciproquement comme le quarré
du rayon A D eft au quarré du rayon A B.
De plus la vifion ou illumination du mefme point B fur le
planBGàcaufedel'obliquitéeftàcelledupoint D fur le plan
D H , auilîà caufe de l'obliquité comme A G eft à C H dont
ayant égard tant à l'inégalité des rayons AB, AD, qu'à leur
inclination fur les plans B G , D H , la force de la vifion ou de
l'illumination du point B eft à celle du point D en raifon com-
pofée de la raifon du quarré de A D , au quarré de A B , & de la
raifon du finus A G , au finus C H.
En la Figure 4,1'oeil ou le corps lumineux A eftantaulïi àdiftan-
ce finie, les rayons AB, A D, A F, rencontrans la furface cour-
be aux points B,D,F; par ces points menez des plans B G, D H,
PlANCHI 17. 71
F I ; qui touchent chacun cette furface courbe B D F & faites la
mefme conftruétion quedefïus, la force de la vifïon ou de l'illu-
mination du point B, eft à ctlledu point D en raifon compofée
delaraifonduquarrédu rayon A D au quarré du rayon A B,&
de la raifon du finus A G au finûs C H , & ainfi des autres points
vifïbles qui (ont des portions de furfaces.
Or quoy que les rayons tombent fur la courbe du codé du
conuexe en cette Figure quatriefme, il eftayfé de juger quec'eft
la mefmechofe ducoftéduconcaue,&aufn que nous ne met-
tons pas en ligne de conte la force qui vient des reflexions , ou
rafToibliilèmentcauféparrinterpofuiondes vapeurs, brouillarî,
pouflleres & autres corps qui voltigent dans les airs ; Il faut
neantmoinseftreauerty qu'il fe peut faire que nous neconnoif-
fions pas toutes les cauies qui fortifient ou affoibliffent la lu-
mière ou la vifïon, & que fi outre la diftance & l'obliquité on en
defcouure quelque nouuelle dont on fçache la raifon ,il faudra
joindre cette raifon aux deux autres précédentes qui prouien-
nentdel'efloignement&de l'obliquité, & de ces trois en com-
pofer vne qui fera la véritable raifon de l'illumination ou vifïon
fur ces objets.
En ces Figures 5, & 4, fi les rayons A B , AD, font également
inclinez fur les plans BG, DH, il eftayfé à conclure que la force
delà vifïon ou illumination du point B eft s celle du point D
réciproquement comme le quarré du rayon A D, eft au quarré
du rayon AB ; car les deux fïnus d'inclination font vne raifon
d'égalité, Mais file quarré du rayon AD efboit au quarré du
rayon AB comme le fïnus d'inclination du rayon AD eft au fïnus
d'inclination du rayon A B^c'eftàdirecômeCH à AG la raifon
compoféedes deux raifons fufdites feroit vne raifon d'égalité,
partant en ce cas la vifïon l'illumination des points B , D, furies
furfaces B G,D H, feroit égale,la diftancedel'vn eftant recôpen-
fée parl'obiiquitéde l'autre. Ainfi côme l'inégalité des quarrez
des rayons AB, AD, AF, montre celle de la Villon ou de l'illu-
mination à caufe de l'elloignement des points B,D, F, jufques à
l'œil ou au corps lumineux A 5 de mefme l'inégalité de ces per-
pendiculaires ou fïnus A G, C H, E I , marque celle de la vifïon
ou de ril'uminationqui vient de l'obliquité des rayons fur les
furfaces où ces points font pofez.
Mais en la Figure cinquielme fi les rayons lumineux AB, CD,
7t Planche x?.
EF, font parallels entr'eux comme ceux du Soleil qu'on fuppo.»
le tek à caufe de ion exceffiue diftanceala terre, rencontrans
chacun les iurfaces planes B G . DH, FI, aux points B, D, F;
11 eft cerrain que fi on ne coniï.iere que leurs diftances jufques
au Soleil, l'illumination n'en fera pas inégale puis que ces di-
ftances ou rayons A B, C D, E F , eftants luppofez infinis font
eftimez égaux entr'eux. Donc l'inégalité de l'illumination de
ces points B, D , F , ne viendra que de la différente obliquité de
chacun de ces rayons AB, C D, EF fur chacun de ces plans.
Partant les forces de l'illumination de chacun de ces points B,
D,F,(ontentr'elles comme les iînus d'inclination AG, CH,EI.
Si l'oeil eftoit capable de voir d'vne diftance infinie comme
on le fuppofe dans la projection Orthographique, les rayons
vifuels AB,CD, E F, feroientparallels, &les forces de la vifîon
des points B, D, F, fur les plans B G, DH, FI, feroient entr'elles
comme celles de l'illumination, c'eft a dire comme ces finus
d'inclination AG, CH, El.
En la Figure fixiefme fi les rayons patallels AB, CD, E F, ren-
contrent vne furface courbe dont le profil eft B D F; ayant par
ces points mené des plans B G, D H, F I, quitouchenrla cour-
be B D Faux mefmes points , & pris les portions égales B A,
DC,FE ,&c. comme auparauantjes forces de l'illumination ou
de la vifîon à l'infiny aux points B , D , F , de cette furface cour-
be , feront entr'elles, comme A G, C H , El , qui font les finus
des angles de l'inclination des rayons fur ces plans touchants.
Tout ce que nous venons de dire eft démontré dans l'optique
pour l'illumination ou vifîon tant de la furface plane que de la
courbe.
En ces mefmes Figures y & 6 files rayons AB, CD, font éga-
lement inclinez fur les furfaces planes B G, DH;on conclurra
que les forces de l'illumination ou de la vifîon à l'infiny aux
points B, D, font égales, car les finus d'inclination en ce cas
font égaux.
Delà on peut entendre ce qui a efté dit en mon premier
Traictéqu'vn fuyant & tournant précipité equipolle à vn loin-
tain , ou grand efloignement, puis que les vns &les autres di-
minuent les forces de la vifion & de l'illumination.
A'mtenitntfoHr IfiperfpeBiite. En la Figure fcptiefme fait
l'œil
PLANCHI Z-f. 7J
l'oeil A a diftance finie du Tableau BC, & d'vn plan geometral
DE, les rayons vifucls A / F , A g G, les points geometraux F,
G, dans k plan D E , les points correfpondans/,£ dans le Ta-
bleauBC. Premièrement loit DE vn plan defiont c'eft àdirc
parallcl au Tableau B C. par ce qui a elle dit mr la cinquième fi-
gure de cette Planche , la fenlation du point F veu de la diftance
A F dans le plan D E, efta la tentation d'vn femblable point/
veu de la petite diftance A /"dans le Tableau, recipio.pt mène
comme le quatre du petit rayon A/eft au quané du grand
rayon A F, car les plans B C, DE,eltans parallels les inclina-
tions des rayons A F, A/ fur ces plans feront égales. Donc
pour faire en forte qu'vn point /dans le Tableau veu de la pe-
tite diftance A/ faife a 1 oeil la metme tentation que le point
geometral F dans le plan de front D E veu de la grande di-
ltance A F, faut diminuer la touche & la tein&e geometrale du
point/, en forte qu'eftant ainfï affoiblie elle (oit àia touche
&teinde geometrale ou naturelle, comme le quatre du petit
rayon A/eft au quarré du grand rayon A F. &ainft nous aurons
la touche & teinctedu point perlpcdif/ dans le Tableau BC.
nous ferons le metme pour tous les autres points du plan D E.
Si le plan L> E eftle Tableau Se le plan B C le geometral entre
l'oeil & ce Tableau, le point perlpedif F eftant fortifie de forte
qu'il foit a ton geometral /comme le quarré de la grande di-
ftance A F eftau quarré delà petite A/. Alors les deuz points
F &/ feront a l'oeil la mefme tentation.
Si le geometral & le Tableau eftoient vnis en vn feul plan les
touches Se tein&es feroient les mefmes dans le geometral &
dans le Tableau & n'y auroit rien a changer.
Il arriueta en ces plans parallels D ti , B C , que tous leurs
points perfpe&ifs, / g, h feroat touchez & colorez de mefme
force , car les rayons A F, A G font diuitez proportionnelle-
ment par les plans para!lels , en / & g.
Secondement, foit vn plan g- ometral fuyant ou de biais D E*
c'eft à dire qui ne toit point paralel au Tableau B C. en ce
cas la tenfation du point F veu de la grande diftance A F dans ce
plan oblique ou fuyant D E eft à la tentation d'vn femblable
point correfpondant /veu de la petite diftance A/dans le plaît
du Tableau B C , en raitbn compofée de la raiton du quarré
du petic rayon A/ au quarré du grand rayon A F, & de la raifort
B
74 Planche %f.
du finus de l'inclination du rayon A F fur le plan D E au fînu*
d'inclination du rayon A/ fur le Tableau B C. Donc pour faire
en force qu'vn point/ veu de la petite diftance A/ dans le Ta-
bleau falle à l'œil A la mefme fenfation qu«fon point geome-
rral F. veu de la grande diftance A F dans le plan geometral
D E, faut diminuer la touche & teincle geometrale du point/
en forte qu'eftant ainfi affoiblie , elle foie à fa touche & teinCtc
geometrale , dans cette raifon compofée que nous venons de-
dire ;& nous aurons la touche & la teinéte du point perfpeâif/
dans le Tableau B C. & ainfi des autres points comme g h.
Or à caufe que les plans B C , D E ne font pas parallels les
rayons A F, AG ne font pas toufiours coupez proportionnelle-
ment par le Tableau aux points/ g, & les inclinations de ces
rayons fur ces plans font prefque toufiours inégales , d'où s'en-
fuit que les touches & teintées des points peripeftifs /, g font
auffi prefque toufiours différentes, neantmoinsil aniue quel-
quesfois qu'elles font égales , comme feroient celles des points
perfpe&ifs/, /?,dont iesgeometrauxFjH font dans vne ligne
droi&e FH parallèle au Tableau B C. (ou , ce qui eft de mefme,
parallèle àla commune feétion des deux plans B C, D E prolon-
gez s'il en eft befoin ) car fh commune fedion du Tableau B C
& du pl2n A F H, eft parallèle à F H , donc les rayons A F, AH
font coupez proportionnellement aux points/, b; Et ainfi A/
quarréeftàA Fquarrccomme AAquarré à AH quàrré. Et de
plus le finus d'inclination du rayon A F fur le plan fuyant D E
eftaufînus d'inclination du petit rayon A/ fur le Tableau B C,
comme le finus d'inclination du grand rayon A H furie mefme
plan D E, eft au finus d'inclination du petit rayon Ah fur le
Tableau B C , ce qui eftaffez conneu par les Géomètres. Donc
de paît & d'autre les raifonscompofées font égales puis que les
compofantes font égales ; d où nous concluerons comme aux
plans parallels, ou de front, que les touches &les teinctes des
points perfpe&ifs /, h font égales entr'elles.
Enfin foit vne furface courbe dont le profil eft I F L en la mef-
me Figure feptiefme, vn rayon vifuel fur icelle A F la rencon-
trant au point F, fon correfpondant/dans le Tableau B C. me-
nez vn plan D F E , qui touche la courbe I F L en ce point F , &
comme nous venons dédire, trouuez dans le Tableau BC la
touche &teinfte du point perfpe&if /comme fi fongeometraî
PtANCHI 17.
7S
Feftoitdansce plan touchant D F E, ce fêta la touche & tein&e
du point perfpeftif f dont le geometral F eft dans cette furtacc
courbe I F L; ainfi on trouuera les touches & rein&es des au-
tres; points I, L, de la courbe , par le moyen des plans touchants
cette courbe en ces meimes points.
Pour conclure, il eft manifefte que dans la perfpe&iue les
touches & les teindtes des plans fuyants & tournants précipitez
doiuentequipoller à celle; d'vn lointain pource que ces plans
fuyants ou ceux qui touchent ces courbures fontauffi des obli-
quitez précipitées, d'où s'enfuit la diminution ou augmenta,
non précipitée des finus de leurs inclinations.
Mais dans la projection Orthographique en laquelle onfup-
pofe que l'œil eft efloigné du Tableau & des objets à di-
ilance infinie, les touches & les teindtes des points vifiblcs ne
font différentes qu'à caufèdela différente obliquité des rayons
fur les plans fuyants oui tournants , car les diftances infinies
eftans eftimees égales, la force d'vn point dans le plan du Ta-
bleau eft à celle de (on point correfpondant geometral comme
le finus d'inclination du rayon vifuel fur le Tableau, eft au finus
d'inclination du mefme rayon vifuel fur le plan geometral ou
eftle point propoféj partant pour faire quel'vn &l'autre point
falTentàcét Oeil la mefme fenfation , faut diminuer ou forti-
fier celuy du Tableau Orthographique, en forte qu'il fait à fon
geometral comme le finus d'inclination du rayon fur le plan
geometral eft au finus d'inclination du mefme rayon fur le Ta-!
bleait.
K ij
fcfaî
a-7.
d
7'
-A B-
-'A
A>J*""'
: '
F
B
=^
Il faut Coller cette PLtncIw en our, à Li paae ~j£
7$ Planche il
$ur la prétendue diminution des figures quand elles font esleuiei
haut, & fur le dire de quelques-vns que toutes lignes font arc
&parconfequent qu'aux Tableaux il les faut ainji reprefenter.
SVr cette pretenduè'diminution en hauteur confiderez en cet-
te Planche ayant tourné ce Lmre en forte que la ligne CM,
18, foit la fondamentale de front, que EO eit le regardant à
plomb fur le plan d'affietie E g G Y C , & O fon point d'oeil;
puis que la furtace platte MRSN efl le Tableau pofé de front
deuantleregardantjjp& auffi perpendiculairement fur ledit plan
d'affiette.
Déplus confiderez l'objet ou fujet ADCH efleué fur le plan
d'aflîettederrierele Tableau ¶lelà iceluy.
Pat ce qui fuit vous deuezconceuoir que menant des rayons
ou lignes droites de chaque point de l'objet au point O Oeil
du regardant entr'autres des parties égales fur iceluy com-
mei,z, 5, 4, ,, 6, 7, H, ces lignes auroient marqué au Tableau
vnmefme nombre de parties égales, à la vérité plus petites que
celles del'objet a caufê de la diftance de l'Oeil au Tableau &d'i-
celuy à l'objet.
Et combien qu'à l'objet il n'y ait que 7, parties à plomb, l'vne
fur l'autre,je dis q ue quand U y en auroit vne infinité il en arriue-
roit toufiours la mefme chofe fuiuant cette pofîtion d'objet
d'Oeil & de Tableau le mefme en eft-il des diuifions de la de
front C F G D, objet eftant menées des dtoidtes au point E pied
du regardant, cat elles couperont la de front ou baze du Ta-
bleau M S aux points cfigd en parties égales, &ainfi par con-
séquent delapartiemafciue de l'objet A DH veuç'ainfi defronj
far la largeur.
Pour conclu/ion je ne m'inquiette point (î toutes lignes font
ou ne font point arc, furrout lors qu'il s'agit de reprelenter vn
ou plulîeurs objets enperfpectiue , &fï en voyantle naturel elles
fembient à l'Qzl telles, je fuis affeuré qu'elles le luy feront
aullî proportionnellement audit Tableau.
Pour Paire dautant plus remarquer cette proportionnalité j'ay
mis les mefmes Lettres & Chines fur l'Objet reprefenté com-
me coulé mifcif du longs de ces rayons pointez Se appliqué
contre leTableau , que fui : l'objet naturel, àlareferue que lel-
dites Lettres y feront Capitales &fur le Tableau d'Italique.
Pi
u '28
A
Planche 19. 77
C Eux comme j'ay dit, qui n'ont pas compris à fonds nofîre
manière de pratiquer la Perfpediuc 3c qui ont dellein de
faire la reprefenration des Voûres que l'on nomme d'Arefte, de
Cloiftre, oud'Ogiue paricclle, le doiuent (nuuenir quej 'ay
donné dans mon premier Liure le moyen d'y mettre vne poite
en Arcade & a raire des ronds ou cercles perlpcCtiFs tournez ovi
kituezdediuersicns , Ec queceidites voûtes ne (ont d'ordinaire
que deux portes en arcades, quilê croiièntl'vne l'autre, &de plus
que celuy qui y içair mettre vn cercle ou rond entier peut bien
en fairelemelmedelamoicié.
Or vous verrez par céc exemple & pat celuy qui fuit qu'ayant
trouué la hauteur des deux pieds droitts ou coltez de î'vne de
ces arcades M N, O P, julques àla corniche ouimpofle N & P
& tiré ia droicte pointée , corde ou tirant de l'arc N Q P , pour
faite la courbure ou arc N 4 H f P, faut efleuer vne ligne poin-
tée N R. , & vne P S , chacune a plomb au dertus de fon pied
dtoiét, per(pecl:iuement de la hauteur que doit aBffir le plus
efleué de voltre arc voûte ou arcade; puis ayantmenéia droite
pointée R S & en fuite trouué le milieu perfpecTàf defdites li-
gnes NP&SR, &parconfequentlespointsH&Q;lors des
points R & S, vous mènerez deux droi&es au point Q comme
R Q_& S Q demies diagonnales ; puis vous diuiferez precife-
ment en trois parties & demies les pointées à plomb N R& PS,
& par l'vne de ces parties lçauoir l'entière 1 R , 1 S , ayant mené
vne droite pointée 1,4, r, 1, elle ira couper les deux demies dia-
gonnales S Q^& R Qjtux points 4 & j:
Par ce moyen vous aurez cinq points pour mener la ligne
courbe perfpeétiue comme les cinq N, 4, H, f, PjCeux qui (ont
vn peu verfez en telles pratiques fçauent bien que l'on peur
trouuervn tel nombre dépeints qu'on voudra pour mener vne
telle courbure en peripe&iue, mais je trouue qu'il luffit de ces
cinq, encore quelemoyen de les trouuer neloit pas géométrie,
attendu que la diagonnale elt incommenfurable au coltédu
carré : Mais à mon auis il y a allez de preciiîon pour la pratique,
cequej'ay plus amplement expliqué dans les Planches 70 & ji,
démon premier Traité.
Vous voyez bien après cecy que pour faire l'autre courbure
ce n'eft que le me!me,& qu'il n'y a différence quelconquc,&u>r
cela j'ay creu qu'il fuffiroit d'y tracer delfus les mefmes lignes.
K iij
7» PUNCMi ja.
VOus voyez en cette Planche la reprefentation par traits de
deux rangs de voûtes comme l'vne decy-deuant, accom-
pagnée de quelques petites pamcularitez , fur l'vne desquelles
vo ûces j'ay laine les lignes pointées q ui ont feruy à la conltruire.
Or fouuenez-vous que noftce-dite manière de pratiquer la
per(pe£tiue comme elle eft amplement expliquée en mon pre-
mier Traité, eftlamefmequede pratiquer le geometral, &que
jedisqueceluyquifçaura lamefuredes objets ou corps qu'il y
voudra reprefenter il n'y fera arrelté en aucun endroit par au-
cune forte de difficulté.
le conuie donc derechef icy tous ceux qui profeflent cet Art
de Peinture de s'inftruire de la pratique duGeometral autrement
ils fe trouueront toufiours arreftez & empefchezdans la prati-
que Perfpedliueicaràmoinsquededelfeignertout après le na-
turel & de trouuer les objets placez & feituez ainfï que l'on veut
faire le Tableau , s'ils n'ont la mefure defdits Objets ils ne les
pourront reprefenter petfpectifs.
I'ay tracé au codé de cette Planche ou Tableau comme à vo-
ftre gauche l'efchelle fuyante 1 1 3 4 r 6 &c. puis le point Z qui
reprefentel'efleuationde la ligne du plan de l'œil ZX & en bas
fur la baze du Tableau E V l'interuale E » qui vaut icy la valeur
de deux pieds, puis fut la moitié d'iceluy, i'ay tracé la cotte ou
marque du nombre des pieds que contient la diftance laquelle
eft de quatre, qui pat confequent valent 8, puis que ledit inter-
uale E» en vaut deux ,ainfi chaque interuale fuyant qui (ont fur
laditeligne EZ en valent aurti deux.
Cecy eft fait Se dit ^afin que ceux qui font leurs Tableaux par
règle deperlpe<£tiue& fur tout pat noftre manière tracent fi lç
cœur leui en dit , ainfi à codé de leurs Tableaux l'efchelle fuyan-
te, l'efleuationd'œil puis le pied de front & le nombre des par-
ties qu'ils ont prifespour diftance, ce qui ne nuira aufdits Ta-
bleaux puis que la bordure cachera les diuifions ou marques.
Cela eftant ceux à qui vnjour ces Tableaux Tomberont es
mains & qui auront vn peu de connoiffance de cette pratique
de peripeCtiue, pourront auoir la fatisfa&ion de prendre parce
moyen lamefuredes corps ou objets defdits Tableaux & celle
de les placer félon leurs diftances Se efleuation d'oeil pour les
voir.
PlANCHl }l. j$
Sur iapenfée que j'ay eue pour la conduite fur le nud des corps, des
lignes que Us Graveurs nomment hacheures ainfi qu'il a efié dit
aux difcours cj- douant fur ce fujet.
TOut premièrement vous verrez dans cette Planche figure
d'enhautque je fuppofe l'objet O eflrela reprefentation
perfpectiue d'vne portion déboule expofée aux rayons du So-
leil Sec srtc vne bordure ou chaflis barré de fil s tendus chacun
en ligne droite & paralels entr'eux, ;puisvn autre fil «in qui les
croize perpendiculairement , lequel chaflis eft fupofc incliné
vers ladite boule O entr'elle& le Soleil.
Et ainfi vous voyez que tous ces fils font leurs ombres fur la-
dite boule & furlafurfaceoùellc cftfcituée.
Suppofantdonclemtfmceftrefaitfurle relief il eft confiant
que ces filSde quelque façon que l'on pofe ledit chaflis entre
ladite boule de rehef& le Soleil ils y feront des ombres qui fe-
ront paralelles entr'elles comme qui la çouperoit ainfi parplu-
fieurs plans paralels entr'eux.
Vous voyez figure d'enhaut que l'ombre courbe & droite
guxy eft faite par le fùmtn & les pointées courbes & droites
0,0*,»., i , i & autres par les fils paralels qui croifent celuy
mtn.
Mais ledit chaflis eftant comme en la figure d'embas inter-
pofé entre le Soleil & vne teftede relief ou de fculpture d'vne
matière blanche l'ombre deceshls ne feroient point en toutes
rencontres fur toutes les parties d'icelle paralels entr'eux encore
que ladite tefte fuftfuppofée coupée par de pareils plans paralels
entr'eux ainfi que j'ay dit delà boule O: Neantmoinsil nes'en-
fuiuioit pas que l'on n'en peuft tracer de paralelles fur le relief
oude s'yenimaginer , puis comme j'ay ditlesdefleigner furies
objets que l'on fera d'vne mefme ordonnance paralellc perfpe-
ûiue; comme on les conçoit fur le relief d'vne ordonnance pa-
ralelle geometrale.
Conftderez donc fur ladite teftele concours perfpeclif de ces
fuppofées paralelles ombres de fils pointées, & comme les ha-
cheures qui font entre- deux fuiuent leurs mefmcs concours on
paralelifme perfpectif.
Or fur cette matière il y a à difeourir & à s'exprimer pour ap-
pliquer cette mefme peniée fur tous les diueis corps que l'on
pcu,c reprefenter par cet Art de Giavcure,
Extrait dv, Privilège du Roj,
PAr Grâce & PriuiJege du Roy donné à fainct Germain en
Laye le troiiieime Nouembre 1641. Sjgné L O V I S , Et
plus bas , S v b l e t ; Il cft permis a Abraham Bofle de la ville
de Tours, Graveur en Taille douce de graver, faire graver &
imprimer, vendre & débiter par telles personnes qu'il verra bon
eftre , en tous les lieux de noitre Royaume , tous les Deiu-ins en
Pourtiairure qu'il defleignera de ion inuention ou qui' aura
recouurezdel'inuentionde quelqu'autre; Enfemble tous Dcf-
feins concernans les Arts & Sciences dont ledit Bofle pounoit
à l'a iuenir tracer les ligures , & dreiler les Difcours de ion in-
uention ou d'autres , & ce durant l'efpacc de zo années accom-
plies du jour de l'acheuemetit de la première impreflîon : Et
defenfès font faites à toutes perionr.es de graver, faire graver,
imprimer , vendre , débiter nydiftiibuèr durant ledit temps en
aucuns lieux du Royaume, aucune choie gravée ou imprimée
qui foie extraicte, copiée, contrefaite, imitée en tout ou en
partie, d'aucun defdits Ouurages dudit BoiTe,fans fapermif-
iion ou de ceux qui auront droict de luy ; à peine contre les con-
treuenants , de trois mil liures d'amende, confiscation de tous
les Exemplaires. Le tout comme il eft plus amplement déclaré
dans lefdite<; Lettres : Vérifiées & regiftrées, oiïy Monfieur le
Procureur General en la Cour de Parlement le 11. May 1645.
Signé, Gvyet.
xAuertiffement.
NOvs auons dit au pénultième Article de la page {4. Chapitre ti. tou-
chant les vapeurs 5c autres corps qi'i enpefchenc ie paflage de la lumiè-
re . . ue la perte de la mefme lumière feroir proportionnée aux diltances : ce
qui le doit entendie en proportion Arithmétique ôc non pas Géométrique.
Comme 11 dix thoifes de Broùiilars defrobent vr. q^a; de la lumière , les dix
thoifes fuiuantes defroberont encore vn autre quart : de au bout de quarante
thoifes de diftance la lumière fera toute perdue. Le roefme s'entend delà
vifion fuppofanr toulîo'jrs que lefdites vapeurs ou broùiilars foient vnifor-
rn.es , ce qui arriue rarement.
ERRATA.
Les huit} pages de l'auertilTement n'ont point de chiffres. Et en la page^f.
première ligne , lifez^,, Oeil Se au luminaire. Pag . 21. L 2t. qui ell d'ordi-
naire. p.}g.l.4. plans paralels. p.64.1.2. defront ainll , & /. 17- à la
diftance. It tout au bas de cette page à ta réclame , PLANCHE au lie*
de If R E M I E R E.
L. S. D.
Acheué d'imprimer le 5. May ïSçj,
--
Comme ,
'telques Particuliers n'ont pas compr
dans la Representaon des Objects t
Trahie de la Perspective pour les rouies, iVntversalitc de
à»
toute Sorte de Scttuatton, et
,/uoy f
ue ce Jott .
cUa,
ou Homes, lay cru nuit Seroit bon de 1 expliquer par la représentation des Cinq fia ur es cq dessus tet\ fair
pour faire vne bonne Dégradation îles Objects Sur toutes formes et Situations de Superficies ou Tableaux qu'il ne faut
employer a chaqu'vn qu'vne Distance et vn point de Veite , tel T^ifu'ïis Sont marques' par la ^"fuf ou le Dôme et Tableaù.esi
Situe Hûrisontalement , Car S il estott place ' Verticale m' 'comme il fjt en la zfjft</ Cotte Bt il est certain qu'on ne pourrait
des Cotifpes
quer que
qu'il >
prétendre qu'il y eust ces
4 points île Veites; dou je concluJs avec ~Raison,que la
leqard du Dôme Hortsontal Cotte A. dans bt prenuere fùjure, et qu'il dotbt être ieti d
■ne chose doiht être observée
Seule distance et dvne même
Oeillade. et Sembutblem^ce Dôme Vertical B.fiq z"fae Sorte aue quant? marne vn tel Dôme Seroit partage en + différents
Tableaux comme d est représente au Vlan i, x, j, q.,f taure $*, outre qu'ilx» pourraient encore être vêtis dvne Seule
Oeillade, tljzui droit prendre des distances plus qrantles comme on peut remarquer celle J" o du regardant a o fit
pour vn Tableau courbe d c b, et plat d b,dont le point de l'eue f en est tleho
Par A. Bosse en Iuin tS6a. ivec Prtvtleqe
■ Sur le pied droit d j .
GETTY CENTER UBf
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